Partager l'article ! DURBAN ARRETS DE JEU: DURBAN SAMEDI MATIN EXTRA TIME Le mélodrame continue; certaines questions ont été résolues la nuit ...
DURBAN SAMEDI MATIN EXTRA TIME
Le mélodrame continue; certaines questions ont été résolues la nuit dernière : technologie, le comité pour l’adaptation, standing committee et finance à long terme, possibilité de recourir aux marchés pour améliorer le rapport cout-efficacité de mesure d’atténuation mais le big deal n’est pas conclu loin s’en faut. ‘We are on the verge of collapse’, c’est le constat que j’ai entendu ce matin en revenant à l’ICC après quelques heures de repos. La journée sera encore longue pour les ministres travaillant sur l’accord concernant la 2PE et un nouvel instrument.
L’horloge est l’ennemie du jour alors que les négociateurs luttent pour trouver un accord. La nuit n’a pas suffi. Positions polarisées, emportement, ressentiment et progrès glacial caractérisent les négociations complexes qui se déroulent sur deux voies (2PE et long terme). Des mauvais souvenirs de Copenhague hantent les couloirs de l’ICC. Des délégués européens ont affirmé que le blocage était tel que la ministre sud-africaine serait amenée à suspendre la COP. Celle-ci reprendrait dans six mois pour trouver un consensus.
Jean Jouzel un scientifique français de l’IPCC se dit découragé. « on ne voit rien émerger ici qui soit différent de Copenhague ».
Il y a des signes de mouvement de tous les côtés, selon les négociateurs, avec des compromis possibles mais la percée finale n’a pas encore eu lieu. Des fossés historiques entre PD et PeD et entre UE et USA semblent avoir été comblés. Le nouveau texte discuté donne quelques satisfactions aux PeD sur la volonté des PD. Les débats se concentrent sur la forme du future accord. Sur le futur de Kyoto, ??? Si la conférence s’écroule le protocole sera mort dans une année. De profonds désaccords subsistent sur les propositions existantes sur la 2PE.
Exemple de subtilité langagière qui a permis une avancé sur l’accord futur : au lieu d’instrument juridique contraignant on parle d’instrument juridique. Mais pour l’instant pas de date butoir de ratification.
De maintenant à 2020, les gouvernements ne sont contraints que par leur objectifs domestiques. Si l’UE a réussi à rallier plus de 120 pays, comprenant les émergents tels que le Brésil, l’Afrique du Sud, l’Argentine, beaucoup de pays africains, et les PMA, les règles des NU imposent que tous les pays sans exception adoptent le texte.
Les PeD font donc la révolution et force l’Afrique du Sud à jouer les arrêts de jeux pour éviter une capitulation complète. Les PeD et l’UE estiment que le texte en discussion manque d’ambition. La frustration envers la Présidence sud-africaine grandit. Elle est accusée d’avoir laissé trop de sujets contentieux de coté jusqu’aux dernières heures et d’avoir échoué à faire preuve de leadership pour faire accepter des solutions. "Ils ont laissé les accords filer entre leurs doigts. Si nous aboutissons à un résultat qui fasse avancer le processus, ce ne sera pas grâce à leur leadership. Ce sera malgré l’Afrique du Sud ». a dit un envoyé. Le point de dispute est le niveau de contrainte du language retenu dans le produit final. Le texte initial draft parlait de “cadre légal”, qui n’engageait à rien. Un projet revu parle “d’instrument légal” ce qui implique des engagements plus contraignants, et parle d’un groupe de travail qui devrait travailler sur un régime de réductions d’émissions d’ici à 2015.
Il met aussi la pression sur les pays pour qu’ils agissent plus rapidement pour mettre au jour leur plans nationaux de réduction. Une autre question est le niveau de réduction sous la 2PE, le seul traité contraignant en existence. Ces changements sont intéressants pour les PeD et l’UE mais difficiles à digérer pour les émergents et les USA. "Une des questions qui a été laissée de côté est la date à laquelle le nouvel instrument entrerait en vigueur.
Pour récapituler les positions au cas vous seriez perdus !
Stratégie européenne : forger une coalition de ceux désireux de mettre la pression sur la Chine et les USA, l’Inde pour qu’ils souscrivent des engagements contraignants. Aucun des 3 n’est soumis au PK.
Climate Commissioner de l’UE Connie Hedegaard : un "petit nombre de pays" doit encore signer notre plan et il y a peu de temps disponible à Durban.
Washington: prendra des engagements contraignants si les autres pollueurs en prennent de comparables.
Chine et Inde : ce serait injuste de leur demander les mêmes réductions que les PD, qui ont causé le problème.
Beaucoup de négociateurs pensent que le résultat sera un accord politique faible, avec des promesses de commencer à négocier un nouveau régime contraignant.
Au pire, les pourparlers peuvent encore s’effondrer totalement, et être suspendus jusqu’en mai 2012. 2009 bis. Les délégués de l’AOSIS et africains se sont joints aux contestataires hier devant les salles de négociations.
Maldives : "Vous devez nous sauver, les iles ne peuvent pas couler. Nous avons le droit de vivre, vous ne pouvez pas décider de notre destin. Nous devrons être sauvés."
Libé ce matin
Dans l’histoire des négociations climatiques, il y aura eu l’emballement médiatique de Copenhague en 2009, la reconstruction migraineuse de Cancún en 2010 et le vide intersidéral résigné de Durban en 2011. Avant même la signature d’un accord, qui pourrait survenir samedi, certains participants évoquaient vendredi une immense «déception», voire un «échec désastreux».
Le monde
Les ministres et délégués de près de 200 pays jouaient les prolongations, vendredi 9 décembre au soir, à Durban (Afrique du Sud), pour arracher un accord redonnant du souffle et un calendrier à la lutte contre le changement climatique.
Entamées le 28 novembre, les négociations marathon, largement éclipsées par la crise de l'euro, devaient se poursuivre toute la nuit et très probablement samedi dans la journée.
"CADRE LÉGAL APPLICABLE À TOUS" APRÈS 2020
Un projet de texte, âprement discuté derrière des portes closes, évoquant un "cadre légal applicable à tous" après 2020, a suscité de vives réactions, en particulier chez les pays les plus vulnérables face à la montée du thermomètre.
"Il est difficile pour nous d'accepter un nouveau processus qui s'achèvera en 2015 et qui ne sera pas opérationnel avant 2020 au plus tôt !", a réagi Karl Hood, au nom des petits Etats insulaires, directement menacés par la montée du niveau des océans.
Un échec pourrait sonner le glas du protocole de Kyoto, seul traité juridiquement contraignant sur le climat, dont la première période d'engagement s'achève fin 2012 et qui revêt une forte charge symbolique pour les pays en développement. Son effondrement serait un signal très négatif deux ans après le psychodrame du sommet de Copenhague.
"LA MÉFIANCE EST À SON COMBLE"
Pour Sunita Narain, qui dirige le Centre for Science and Environment, ONG indienne basé à New Dehli, "Cette conférence montre vraiment que la méfiance est à son comble : entre les riches et les pauvres, entre l'UE et les BRICS [groupe des pays émergents qui regroupe le Brésil, l'Afrique du Sud, l'Inde et la Chine], entre les Africains et l'UE, entre toutes les parties."
La question du degré d'ambition des actions annoncées par les différents pays pour limiter ou réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) est également au cœur des débats. Pour l'heure, elles sont loin de répondre à l'objectif, affiché à Copenhague en 2009 et réaffirmée à Cancun l'an dernier, de limiter à 2 °C la hausse de la température du globe.
La volonté des Européens est d'esquisser un nouveau cadre qui imposerait des objectifs de réduction de GES à tous les pays du monde alors que Kyoto ne s'applique ni aux Etats-Unis, qui ne l'ont jamais ratifié, ni aux grands émergents comme la Chine, l'Inde ou le Brésil.
L'Inde a exprimé des réticences et les Etats-Unis ne veulent pas entendre parler à ce stade d'un "accord juridiquement contraignant". La position de la Chine restait quant à elle difficile à décrypter. "La Chine a soufflé le chaud et le froid. Si elle jetait tout son poids derrière la proposition européenne, cela mettrait la pression sur les Etats-Unis", estimait Thomas Spencer, de l'Institut du développement durable et des relations internationales, à Paris.
Faute d'accord sur une "feuille de route", l'Europe menace de ne pas reprendre d'engagements dans le cadre de Kyoto, ce qui viderait de son contenu ce traité emblématique signé en 1997 au Japon.
"Tous les pays, petits comme grands, ont besoin d'être écoutés", a souligné la ministre des affaires étrangères sud-africaine, Maite Nkoana-Mashabane, actrice clé des dernières heures de négociations en tant que présidente de la conférence qui a rassemblé quelque 130 ministres et qui pourrait se prolonger jusqu'à samedi.
En plus de ça Les vignobles français en danger ! la pire nouvelle
Sous l’effet du réchauffement climatique, la carte des vins évolue. Pour le meilleur et pour le pire.
Vive le réchauffement ! (aujourd’hui)
Pour l’heure, les vignerons sont contents : avec une hausse du thermomètre de près de 1°C observable dans certaines régions depuis les années 1960, c’est le jackpot. Les vignerons ne seront pas les chantres de la lutte contre les CC donc. Ce qu’il se passe est que la chaleur des derniers étés a entraîné un raccourcissement du cycle végétatif. De la floraison aux vendanges, tous les stades de la maturation du raisin sont plus précoces. Dans les années 1960, on récoltait entre mi-septembre et mi-octobre selon les terroirs. Aujourd’hui, tout se joue entre fin août et fin septembre. Quinze jours d’écart en quarante ans, pas rien.
Conséquence : la maturation se produit dans une atmosphère plus chaude. Le raisin en sort plus sucré. Et le vin, plus alcoolisé ! En Bourgogne, dans le Val de Loire ou en Champagne, il atteint désormais les 12° haut la main. Et jusqu’à 14,5° dans le Bordeaux en 2009. C’est est même trop. L’œnologue et viticulteur Bernard Hudelot, "Pour nous, le réchauffement est une chance incroyable. J’ai des vins qui valent des premiers crus !".
Demain : des gagnants et des perdants
Cependant, si la tendance se poursuit, attention au revers de bâton. D’après les spécialistes, "La maturation du raisin risque de se dérouler au plus chaud de l’été et aboutir à la production de vins déséquilibrés et peu expressifs. Les cépages à véraison précoce, comme le sauvignon blanc à Bordeaux, pourraient par exemple quitter la "fenêtre optimale" de l’époque de maturité, et au final, "manquer de fraîcheur et d’expression aromatique, et voir leur qualité diminuer".
Première inconnue : l’acidité. On sait qu’un vin peu acide vieillit moins bien. Or la chaleur a tendance à réduire ce taux dans les régions méridionales. "On se pose de réelles questions sur les crus 2003, 2007 ou 2009".
Deuxième inconnue : l’accès à l’eau, qui pourrait affecter les vignobles du sud de la France (ou d’Espagne). La règle générale, c’est que s’il tombe moins de 200 millimètres de précipitations entre le début de la pousse et la récolte, le rendement est inférieur. En se fiant à la baisse du cumul des pluies scénarisée par le Groupe d’experts international sur le changement climatique (GIEC), les rendements des vignobles méridionaux pourraient carrément chuter de 15 à 35% d'ici la fin du siècle !
Les vins d’assemblage comme les bordeaux et champagnes, moins dépendants du cépage, devrait être moins impactés par le réchauffement. Et le champagne pourrait même être grand gagnant. Le maintien du régime de précipitations et la hausse des températures tels que les modélise le GIEC permettent en effet de tabler sur une augmentation de près de 85% du rendement d’ici 2100.
Dernière inconnue : les phénomènes météorologiques extrêmes. Le GIEC souligne leur intensification. On craint la grêle évidemment. Un vrai fléau pour les vignes.
Bonne nouvelle pour les renouvelables : les éoliennes françaises ont produit le 08/12/11 6% de l’électricité nationale, alors qu’elles plafonnent en moyenne à 2%. Selon le Réseau de transport de l’électricité (RTE), elles auraient généré 4.453 Mégawatt (MW) sur un parc de 6.576 MW. Un record. Et la preuve que cette énergie propre et inépuisable est en train de pointer le bout de son nez dans le mix énergétique. En attendant l’offshore.
En Allemagne, l’éolien est à 6% et toutes énergies renouvelables confondues la part passe à 17% … Et savez-vous que pour le mois de mars dernier, le vent fut en Espagne la première source de production électrique ( 21%) contre 19% pour le nucléaire et 17,3% pour l’hydraulique ?