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Mardi 15 juin 2 15 /06 /Juin 06:14
Entre deux appels de l'avion des Customs : Chaque jour et parfois même 2 fois par jour l'avion des Douanes nous survole et nous posent immanquablement les mêmes questions a la VHF: La première: Could you spell your vessel name please? Montre que même après tous ces jours les officiers n'arrivent toujours pas a prononcer la diphtongue TAUGL et prudents ne se risquent pas a un Togl, Tagl, Tangl etc... Nous les avons pourtant entendus reconnaître et appeler « Oportune » le voilier Norvégien a Darwin. Mais nous jamais, c'est white catamaran spell your name! Ils nous accompagnerons jusqu'à Cocos Keeling (plus de 2000 miles depuis Darwin) pour sur, ce qui enlève un peu du caractère seul au monde de notre traversée. Ils ont tellement peurs que nous restions sur leur territoire, peurs des étrangers alors qu'ils en sont tous des descendants.... Ok, il y a les boat people à gérer mais ressemblons-nous à ceux-ci, une famille sur un voilier (préhistorique certes) qui n'a jamais change de direction : go west Pourquoi ce harcèlement, pas pour notre sécurité comme dit officiellement, nous avons eu multiples occasions de constater qu'en cas de besoin, l'abonne au contrôle ne répond pas. Nous y sommes, le contrôle, toujours le contrôle et seulement le contrôle! Un peu …...agaçant a la longue, le sentiment d'être épié, SOS bonheur n'est pas loin. Un jour l'avion me dira, le spinnaker a 18 knts de vent, c'est un peu risqué, mettez un foc, nous ne voulons pas intervenir pour une faute du skipper..... Obtempérez ou vous recevrez une amende à votre next port of call.... Brrrr s'arrêter à Cocos Keeling pourrait couter cher..... etc. Bon, l'objet de ce post n'est pas de me plaindre de l'omniprésence obsédante des Douanes qui sous le prétexte fallacieux du problème informatique ne nous ont même pas remboursé la TVA due au touriste en partance, mais de donner quelques clefs linguistiques à nos lecteurs en quête d'aventure. Les idioms les plus entendus sont: No worries, ponctuation qui veut dire, c'est trop tard et ne compte pas sur moi pour t'aider I'm not sure, ce qui contrairement à ce que l'on pourrait croire n'indique en aucune manière un espoir de réussite, mais plutôt « je n'en n'ai foutre pas la moindre idée, passe ton chemin. » Je vous sens déjà critique et penser « quelle mauvaise langue ce Crochet », mais au sujet de langue et pour illustrer mes dires je continue avec l'aide d 'Alan Luca auteur de nombreux guides sur l'Australie.: Yuseright? Pourrait être traduit par « êtes-vous servi? » Owyusegoing? Comment allez vous? Mais cela n'appelle surtout aucune réponse... Y répondre par un « « fine and you mettrait votre interlocuteur dans l'embarras et la fuite automatique G'day, a prononcer d'ail, le bonjour popularise par Crocodile Dundee, un must Smoko, sorte de tea time, ou plus souvent le thé est remplacer par la bière.... en gallon! Don't get off your bike: calmez vous! A few kangaroos short in the top paddock: ce qui est l'équivalent de ne pas avoir toutes les fascines à l'abri comme on dit chez nous Dutch shout, voulant dire chacune paie de qu'il boit, une grande tradition australienne. Pour finir laissez-moi vous citer le premier ministre australien Paul Keating qui en 1992 décrivait une partie de la population comme etant « yobs with cans in their hands » (yobs c'est boys en verlan...) et les cans n'étaient pas remplies de diced tomatoes..... Mais tout cela est de l'histoire ancienne, tout a change en 20 ans..... C'est beau les voyages, ça déforme la vieillesse! La prochaine fois que je vais en Australie ce sera avec les cheveux longs, un chapeau en cuir et je traverserai le pays en 4X4 gourmand ou en Harley et toc. Pour l'instant l'eau est enfin « cristal clear », Taugl glisse malgré son sur-poids de 3 mois de victuailles, pousse par un alizé de SE 18 a 20 noeuds, les focs en papillon en direction de Ashmore reef, endroit sacre des indonésiens sur territoire australien.... La mer sintille sous le soleil de midi, le pain chaud me chatouille la narine, il est temps de vous quitter en pensant aux aventuriers du Talisker Bounty boat qui n'ont rien a se mettre sous la dent. Avez vous lu leur blog, je vous le conseille, a plus! Mercredi 2 juin En route vers Christmas Island Sommes donc partis après notre check-out de Darwin mardi matin. Avons encore admire une dernière fois le magnifique ketch de Gérard Depardieu mouille non loin de notre humble demeure flottante temporaire. Que faire de son argent quand on en a trop? Acheter un beau bateau et payer un équipage à l'année pour quelques éventuels jours de navigation. Décevant non? Nous aurions de plus belles idées comme de créer une maison pour penseurs et leur donner comme mission de trouver des solutions inédites à nos problèmes contemporains. Bref le check-out nous a encore rappelé que les australiens ne sont pas toujours aussi compétents que ce que l'on pourrait souhaiter. Se faire rembourser la TVA fut un grand moment! Avons reçu a bord un couple de jeunes français en voyage en voiture pendant plus d'un an, leur parcours est des plus intéressants et les amènera en Asie du Sud-Est, Chine, Népal, Inde, Pakistan, Iran, abords de la Méditerranée, retour en France pour une poursuite vers le Nord de l'Europe. Que c'est plaisant de discuter avec des jeunes motivés, curieux, désireux de comprendre et de ne pas prendre pour argent comptant ce qu'ils entendent raconter à la télé en France. Une vraie bouffée de fraicheur sous le climat tropical de Darwin qui a du lobotomisé la population locale. Leur site web est www.envolemoi.com. Ils s'appellent Marie et Michael. Ils n'étaient jamais montés sur un bateau. Ils nous ont réconciliés avec les habitants de l'Australie. En effet, durant leur périple en terre aussie, ils se sont toujours écartés des sentiers battus et ont été accueillis très gentiment pas les gens. Invités, abreuvés, nourris et logés des qu'ils se perdaient, les gens ont prêté une oreille attentive et curieuse à leurs récits et histoires, ils se sont montrés intéressés tout simplement, ce qui ne nous est pas arrivé. Depuis notre départ de Darwin, notre moyenne est lamentable, peu de vent, calme. Pendant la nuit, étions entourés d'une multitude de bateaux de pêche presque arrêtés. Aujourd'hui deuxième jour de navigation le vent est un peu plus soutenu, 10 nœuds de SE, pas de houle, avons parcouru moins de 100 miles en 24h. Mon souci est la gestion du frais, les légumes et fruits pourrissent à vue d'œil. Il est difficile de tout manger le même jour! Et d'en garder pour les quelques semaines qui viennent! Ce jour se déroulera sur le thème pastèque, j'avais délibérément refusé de les vérifier vu tout ce qui dans le classement venait avant, une pastèque est un des fruits qui se garde le plus longtemps à l'instar de la courge par exemple. Que nenni, celles d'ici pourrissent vite, à manger d'urgence après avoir gardé ce qui pouvait l'être. Tout ce que nous avons trouvé ayant été en chambre très froide et les températures dépassant les 30°C, le résultat est que le régime boite commencera plus tôt qu'espéré. La bonne nouvelle de l'après-midi est la capture d'un petit requin pour les diners des trois jours à venir. Le fait agaçant est le survol répété de Taugl par l'avion des douanes ou de la surveillance côtière. Chaque fois c'est la même sommation, nom du bateau, dernier et prochain ports. Christmas Island est dans les nouvelles tous les jours pour cause de problème avec les réfugiés. Le gouvernement a décidé de déplacer une cinquantaine de réfugiés du centre de détention de Christmas vers une petite ville minière du centre. Les organisations de défense de leurs droits sont mécontents car ils estiment que le choix de l'implantation n'est pas des plus heureux. Nous qui ne sommes pas tout à fait en règle vis-à-vis de l'immigration risquons d'être fraichement accueillis voire interdits de séjour car nous refuserons de payer 1000 dollars pour une ou deux journée. A voir, ce problème se répètera à Cocos Keeling où nous aimerions débarquer ne serait-ce que pour faire quelques courses de frais. Si le douanier est sympa et que Zoé le charme, peut-être que oui, si le douanier est australien applicateur de règlement peut-être que non. Le soleil va se coucher dans quelques minutes, nous avons admiré un beau rayon vert hier soir, le ciel est limpide et bleu, la mer calme, le spectacle sera au rendez-vous. Les rayons orangés dans le bleu du couchant ont captivé notre regard jusqu'à la nuit complète. Le spectacle de la voix lactée dans l'encre de la nuit sans lune, suivi du lever de lune rouge deux heures plus tard ajouta à notre ravissement. Ce sont des moments dont nous ne nous lassons pas tout comme regarder les mouvements de la mer sous le soleil clair d'une journée sans nuages dans l'azur du ciel. Vendredi 4 juin Ce matin, c'est au petit réveil que l'avion des customs nous a interpelés, il ne nous a pas caché que nous le reverrions dans les jours qui viennent. Le temps reste tres chaud et azuléen, la mer est un peu plus formée et le vent souffle à 20 nœuds ce qui nous permet une vitesse de 6 nœuds et nous permet enfin de faire nos 120 miles par jour. Serons à Ashmore demain dans la nuit. Cette nuit, les étoiles filantes ont accompagné mes rêves, sous la voie lactée, je continue a trouver que mes nuits sont infiniment belles, ce sont mes moments de solitude, de méditation, de réflexion, de ressenti, d'observation au rythme des mouvements de mon corps soumis à ceux du bateau, en harmonie ou en opposition suivant l'humeur ou le besoin. Je m'imprègne de ce que je vois et sens pour les garder en mémoire et m'en servir plus tard quand le besoin s'en fera sentir. Dimanche 6 juin Au départ de Ashmore reef Après une nuit de repos bien mérité, nous quittons Ashmore reef à 9 h du matin. Avions espéré nous arrêter plus longuement pour nous reposer mais aussi nager et faire du snorkelling. La brochure que nous avait donné l'officier des douanes de Darwin nous ayant mis l'eau à la bouche. Quelle déception! L'Australie nous aura déçus cruellement jusqu'au bout! A l'approche de Ashmore, nous recevons un appel VHF du bateau des Ashmore guardians nous informant d'opérations menées sur le reef, de la présence d'autres bateaux et souhaitant confirmation de notre intention de mouiller. Il nous informe que nous devrons attendre ses instructions pour le mouillage. Dès que Ashmore est en vue, nous observons effectivement la présence de bâtiments de guerre et de deux bateaux indonésiens. Nous sommes refroidis et déçus, nous avions naïvement espéré retrouver Minerva Reef. Qu'à cela ne tienne et ayant promis une soirée crêpes aux enfants nous suivons les instructions des guardians et nous dirigeons vers la bouée assignée située juste à coté de leur bateau. Nous avons été informés que les opérations continuant le lendemain, nous devrions prendre soin de ne pas les entraver. A part ça nous étions bienvenus si tant est que nous restions en dehors du lagon. Visite sur l'ile interdite, bien que le prospectus dise le contraire. Vous comprenez nous dit le douanier vous êtes dans un parc marin national. Nous sommes le 5 juin, journée mondiale de l'environnement, je ris jaune, dépitée du manque de respect total de l'environnement dans cet endroit unique où certaines espèces sont les plus nombreuses au monde. Passant devant un des bateaux indonésiens puis devant le bateau des guardians, nous comprenons enfin ce qui se passe ici. Arraisonnement de bateaux d'immigrants illégaux, et mise en garde à vue des malheureux candidats à une vie meilleure. Ils sont gardés armes au point par des douaniers. Que leur adviendra-t-il? Dans quel centre de détention seront-ils envoyés? Seront-ils renvoyés d'où ils viennent sans autre? De jeunes douaniers, courtois, nous aident à amarrer Taugl au corps-mort. Ils prétendent que notre présence ne gêne en rien mais sont soulagés quand nous leur faisons savoir que nous ne resterons que pour la nuit. Mauvaise nuit d'ailleurs, nous nous sentons plus fatigués que après une nuit de veille en mer, les vibrations sont très négatives. Le lendemain, un des bateaux indonésiens est parti ainsi que les bâtiments de guerre. Nous les reverrons quelques miles plus loin de loin auprès d'une épaisse fumée noire. La VHF grésille régulièrement pour nous informer quc ces bateaux de guerre mènent des exercices d'incendie. Il nous semble que ces exercices sont menés sur le bateau parti ce matin. Autant pour les accords prétendument spéciaux entre l'Australie et l'Indonésie permettant aux pêcheurs traditionnels de venir ici, visiter leurs tombes et ramasser des trocas. Nous nous demandons pourquoi permettre aux voiliers de s'arrêter à Ashmore et se retrouver au milieu de ces « opérations ». Nous avons ressenti un malaise total et beaucoup de tristesse et d'amertume. Ainsi va le monde et c'est horrible. Amis navigateurs l'escale d'Ashmore est à rayer de la carte. Sommes donc ce matin en route vers Christmas Island, qui ne promet rien de bon comme je vous l'ai déjà dit et ce que nous avons vécu ici. 1025 miles (une huitaine). Vent d'est 20nd, vitesse 7 nd, houle assez formée mais nous poussant donc pas trop inconfortable. Mardi 8 juin Continuons notre route à une moyenne de 6 noeuds, au portant, cad vent d'est 15 noeuds, les 2 focs en position papillon, houle peu formée donc confort préservé à bord. Les journées s'écoulent donc sans heurts, les heures passent sans qu'on sache toujours comment. Le rythme pendant ces grands traversées s'établit en gros de la sorte: - petit-déjeuner vers 8 heures - un peu de ménage et préparations culinaires; vérification du stock de frais. Tous les jours il faut vérifier ou en est le stade de murissement des fruits et légumes et planifiés les repas en conséquence. Nous avons quelques surprises, certains aliments que j'espérais garder longtemps sont déjà trop murs et d'autres se gardent au-delà de toute espérance. Je pourrai écrire un traité sur la conservation des fruits et légumes en climat tropical après ce voyage! C'est une tache fastidieuse comme toute tache répétitive. - travail scolaire avec Zoé et révision avec Arthur - sieste - préparation du déjeuner et déjeuner - souvent une heure de film pour les enfants et/ou lecture - re-sieste, il faut rattraper les heures de la nuit et stocker du sommeil pour la suivante; on constate que le corps s'habitue à ces rythmes différents mais finit pas se fatiguer en 'profondeur' - thé et gouter - préparation du diner, jeux divers tels que pâte à modeler, puzzle, cartes; Zoé nous fait un peu de lecture; nous faisons les cours de science et culture générale du CNED - apéro et diner - lecture collective (en ce moment le voyage autour du monde des Joinville a remplacé Bilbo le hobbit) avec tisane et gâteries pour les enfants, smarties, carambars (merci Bulledo) ou chocolat, sablés bateau, gâteau au yaourt pour le capitaine - brossage de dents et coucher pour les enfants - surveillance pour les grands jusqu'à la vaisselle du diner qui ponctue le commencement d'une nouvelle journée. Nous passons aussi du temps assis dehors à l'ombre (il fait vraiment très chaud même la nuit, la température ne baisse pas) à regarder l'infini de la mer autour de nous. J'aime pour ma part toujours autant les nuits, moments privilégiés de solitude, de recueillement, de proximité avec les éléments et moi-même. La nuit dernière des nuages faisaient encore plus ressortir l'éclat intense des étoiles. La nuit n'est jamais totalement noir tant les étoiles brillent et laissent apparaître l'horizon autour de nous. Avons croisé trois cargos partis pour le traversée de l'océan indien. Le premier nous causa quelque souci croisant notre route à l'avant. Il paraissait proche mais le radar nous indiquait qu'il passait à 2 miles de nous. La nuit il est extrêmement difficile d'évaluer les distances. Les deux autres sont passés derrière nous. Nous n'avons pas revu l'avion de surveillance depuis deux jours! Nous aurait-il enfin estimé inoffensif? Notre grande question est de savoir si nous pourrons débarquer à Christmas Island pour faire un peu de courses de frais et de l'eau. Officiellement notre visa n'est plus valable mais nous ne voulons pas rester seulement nous arrêter. Il existe un règlement international qui permet les arrêts de 72 heures pour ces raisons. A voir. Saurons-nous charmer les douaniers? Mercredi 9 juin La nuit dernière fut arrosée c'est le moins que l'on puisse dire. Vers 3 heures du matin, après un début de soirée étoilée, une pluie battante s'abattit sur Taugl. Les 100 litres de l'outre furent rapidement remplis; l'étanchéité de la tente faiblit au bout de quelques heures et le carré fut bien trempé. La pluie ne cessa que vers 8 heures du matin. Nous en profitâmes pour laver le pont; l'annexe s'était également remplie d'eau. Le temps reste ce soir très nuageux et menaçant après une journée relativement bien ensoleillée. Le baromètre ne promet que de la pluie. :Le vent est plutôt faiblissant et la moyenne s'en ressent. Nous avons du mal à rattraper notre cap que nous avions calé au sud en début de navigation comptant sur du sud-est. Nous sommes à une centaine de miles seulement de Bali et donc avons croisé plusieurs navires pendant la nuit. C'est angoissant de se dire sous le grain alors que la visibilité est nulle que d'autres bateaux peuvent croiser notre route. Le radar sous grain se perd un peu et les artéfacts deviennent trompeurs. Nos lignes restent désespérément muettes. Avons vu de très petits dauphins croiser notre route ce soir. Ils étaient venus hier soir jouer sur tribord. Spectacle étonnant car on les aperçoit en transparence dans l'eau faiblement éclairés de la nuit sans lune, seulement illuminés par le plancton phosphorescent qui jaillit en gerbes blanches autour d'eux. Vendredi 11 juin A 290 miles de Christmas Island Enfin une bonite de 5 kgs pêchée en début d'après-midi. Sympa de manger un tartare pour le diner. Notre score de pêche depuis janvier 2009 s'élève à une vingtaine de poissons. Le temps reste très perturbé et nuageux à pluvieux; hier soir nous avons encore subi de fortes pluies et l'atmosphère sous la tente s'en ressent. L'humidité est rapidement difficile à supporter. Nous avons traité la tente avec un nouveau produit censé l'étanchéifier mais force est de reconnaître que le tissu a trois ans et qu'il a beaucoup souffert des embruns et UV du soleil. Nous limiterons les dégâts pour ne pas avoir à refaire entièrement une nouvelle tente mais il faudra surtout compter sur des climats secs. Heureusement que la pluie s'estompe au bout de quelques heures seulement, et que le degré d'hygrométrie permet de tout assécher rapidement. Hier soir, nous avons aperçu plusieurs lueurs de bateaux, nous ne sommes qu'à 150 miles de l'Indonésie. Les navigations sous nuages restent un casse-tête pour la gestion d'énergie, le frigo est très gourmand mais nous devons le maintenir frais pour conserver le poisson. Avons eu recours au groupe hier. Sinon le vent reste bien orienté, 15aine de nœuds, allure portant, moyenne de 120 miles par jour sur mer calme. Pas de changement de toile, position foc en papillon. Quelques rectifications de cap pour contrer les courants et anticiper sur le vent à venir. Les enfants manquent d'activité et Zoé reste exigeante, elle n'en a jamais assez et nous sommes de mauvais joueurs. Arthur qui approche de ses 14 ans trouve de moins en moins d'intérêt à jouer avec sa sœur et pourtant il passe du temps à lui lire des BD et se laisse prendre au toucher de la pâte à modeler. Samedi 12 juin A 193 miles de Christmas Island Le temps s'est amélioré et de gris pluvieux et passé à nuageux clair. La menace de précipitations s'est éloignée mais la rapidité de changement de l'allure du ciel est étonnante. La nuit dernière le ciel était strié d'éclairs alors que parfaitement étoilé; il est ensuite passé à gris orageux, un peu de tonnerre et des rideaux de pluie dense devant nous, puis tout s'est dissipé en quelques minutes pour laisser place à une journée nuageuse mais claire. Une autre particularité de cette traversée est la présence de nombreux poissons volants. Ils volent en escadrille serrée au-dessus de l'eau. La longueur des vols peut être tout à fait surprenante. Ils sont souvent minuscule. Ils peuvent devenir une vraie nuisance car ils s'abattent sur tous les endroits du bateau en laissant de nombreuses écailles et une odeur forte. Ils peuvent vous heurter de plein fouet à toute heure du jour ou de la nuit. Ça devient un vrai sport de les éviter! Nous ne sommes pas seuls en mer; la nuit nous apercevons des feux au loin et ce matin, un bateau de pêche est venu nous saluer de près. Un bateau similaire est venu vers nous quelques heures plus tard. Avant d'être rassuré sur ses intentions, nous étions quelque peu sur nos gardes. Les bateaux ressemblant à des lanchas Olivier les aborda en espagnol! Ils nous proposèrent un poisson énorme puis passèrent leur chemin. Ces bateaux sont de couleurs vives, avec un équipage nombreux. Ils ne sont pas de la première jeunesse. Il nous faut songer à ressortir des petits cadeaux. Nous allons ré-aborder des pays pauvres et notre attitude s'adaptera. Je suis en train de lire le livre tibétain de la vie et de la mort. Voyage intéressant au sein du bouddhisme et de ses enseignements. J'ai lu à l'équipage le chapitre consacré à la réincarnation. L'explication physique du phénomène et les histoires individuelles rapportées de tout lieu de la planète. Les récits sur les expériences de personnes ayant frôlé la mort sont aussi fascinantes et intrigantes. Elles font écho à celle de Montfreid, qui en garda un soulagement face à l'arrivée de la mort qui lui sembla douce. La vie après la vie, vaste questionnement des pauvres humains que nous sommes. Quoiqu'il en soit, les enseignements orientaux de compassion, d'écoute, de voyage intérieur me parlent et me plaisent, j'ai envie de les approfondir, le pilier de ces enseignements est la méditation qui reste pour moi un exercice théorique que j'ai du mal à vivre dans ma chair. J'ai pris au pied de la lettre ce qu'en écrit Pedma Chodron et le pratique de façon peu orthodoxe en faisant la vaisselle ou la cuisine. Il est vrai que le moral de l'équipage résidant dans le fond de la gamelle je passe un temps certain à concocter petits plats et surtout à me renouveler pour éviter la monotonie et surprendre. La boite à sablés est toujours pleine et les repas des moments de partage et de convivialité. Nous nous distillons les podcasts enregistrés à Darwin; Panique au Mangin Palace et 2000 ans d'histoire sont en tete du hit-parade avec les chroniques de Didier Porte et Stéphance Guillon (inégal). Nous avons aussi en stock CO2 mon amour et des émissions de France Culture sur l'économie, l'histoire et les sciences. Nous parlons du retour, de la maison, de l'avenir lointain. Olivier a commencé à lire les routes de Méditerranée pour nos vieux jours sur un Pogo 6.5! Allons bon nous sommes encore loin du but et pour l'instant nous profitons d'une navigation sur mer plate à une allure de 120 à 150 miles par jour. Le vent aujourd'hui est nord-est, 10 à 15 noeuds, avons remplacé les focs par le spi. C'est le seul qui nous reste, nous le surveillons donc comme l'huile sur le feu. Il fait très chaud, 35° sous la tente, le degré d'hygrométrie avoisine les 50 à 60 degrés. La nuit, le thermomètre ne descend guère sous les 30°! Devrions arriver à Christmas lundi matin. Lundi 14 juin A 66 miles de Christmas Island La prévision était erronée, l'atterrissage ne se fera que mardi matin. Des vents trop faibles depuis deux jours nous ont ralentis, hier notre vitesse allait de 1,9 à 2,8 noeuds. Ce calme nous a permis de nous baigner dans le grand bleu. L'eau n'est pas d'une propreté irréprochable, de nombreux déchets flottent, ca faisait longtemps que nous n'avions pas vu autant de bouteilles et bidons plastique et autres artéfacts de la vie civilisée. Des oiseaux nous accompagnent; certains passent la nuit perchés sur le bossoir arrière; un malheureux était à l'agonie sur la coque bâbord avant, incapable de bouger, et les enfants l'ont remis sur l'eau. . La nuit fut très calme, nos amis dauphins sont venus nous saluer, les étoiles nous chantèrent leur sarabande laiteuse; pas de bateau signalé par la présence d'un petit point sur l'horizon noir de ces nuits sans lune, qui se rapproche en nous laissant dans l'expectative jusqu'à ce qu'on ait compris quelle était sa route. Hier soir avons été contacté sur le 16 par Oceanic Wiking; nous observions ce drôle de bateau depuis un moment signalé aussi par le ronronnement de son moteur dans le lointain. A ce sujet, si les distances sont difficiles à évaluer la nuit, la propagation des sons sur l'eau est surprenante. Donc une voix féminine au fort accent suisse alémanique nous interpelle et engage la conversation. Appel amical entre gens de mer pour savoir si tout va bien à bord, si nous ne manquons de rien, quelques questions sur notre voyage. Nous apprendrons que c'est un patrouilleur australien mais le capitaine prend soin de préciser de ne pas nous inquiéter car l'équipage est constitué de civils. Ils repasseront sur le chemin du retour et nous ont demandé de les appeler en cas de contact visuel. La journée s'annonce encore très chaude, avons retardé nos montres d'une heure encore ce qui nous porte à UTC +7:00. Il fait déjà plus de 33° sous la tente et il n'est pas 8 heures, hygrométrie 64%. Le ciel est bleu parsemé de cumulus blancs. Hier soir avons eu la queue d'un orage mais toute la nuit, les éclairs étaient visibles du coté de la terre indonésienne à quelque 150 miles à l'est. 22 heures 30, sommes à une petite heure du mouillage; avons été contactés par un « Australian warship », questions posées sur un ton nerveux et court de va-t-en-guerre, le bâtiment tous feux éteints nous surveillait de pres. Une fois renseignement pris, il alluma ses feux vira de bord et repris sa surveillance des abords de l'ile. Bienvenue à CI (Christmas Island). La nuit est noire, la houle importante, le vent nul, les derniers milles sont longs, avons évité des orages après une journée chaude et plus ventée que prévu. Et c'est pourquoi nous arrivons de nuit. Avons recroisé le bateau patrouilleur « Oceanic wiking », en guise de suissesse sympa, c'est un officier australien qui ne reposa les sempiternelles questions, name of the veseel, last and next port of call, registration port, POB (Persons on board). Avons devisé notre stratégie pour demain, monter Olivier au mat avant l'arrivée des officiers pour prétendre à un arrêt d'urgence et obtenir ainsi 2 nuits de repos, bienvenues après 2 semaines de navigation et avant d'entamer les deux autres semaines jusqu'au Chagos. Les étoiles sont insuffisantes pour éclairer vraiment et c'est en aveugle que nous devrons attraper un des corps-morts obligatoires. Et à 7 heures demain matin, nous appellerons les autorités sur le 16 et advienne que pourra. Nous sommes prets a repartir illico, avions pris notre rythme, celui quand le nombre de jours peut s'ajouter et qu'importe, un de plus ou de moins, rien n'a vraiment d'importance que notre vie à bord, les joies et petits tracas d'une traversée dépassant la semaine. Posterons-nous ce blog demain ou le lirez-vous dans trois mois? En tout cas, la vie est belle et c'est tant mieux. sommes arrives de nuit pas tres facile de trouver la bouee dans la nuit noire en entendant le ressac si pres, sentant les falaises proches. Ce matin, sommes au cyber, check-in effectue les doigts dans le nez avec des customs officers charmants, 3eme bateau de l'annee, ile perdue et inconnue, ils accueillent les visiteurs avec gentillesse et amabilite, tres serviables, resterons jusqu'à samedi puisque l'avion de frais arrive vendredi. bises
Par TAUGL
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