Mardi 28 février 2012 2 28 /02 /Fév /2012 15:01

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Mardi gras 21 février L’îlet du Gosier Guadeloupe Grande Terre


Des Saintes avons rallié la Guadeloupe hier. Une navigation un peu longue pour quelques miles, du près et un peu de houle. Le mouillage de l’îlet Gosier n’a rien à voir avec les Saintes, que nous regrettons déjà. Beaucoup de monde particulièrement parce que nous sommes la semaine du carnaval ; mardi et mercredi sont fériés et les vacanciers sont nombreux. Beaucoup de nageurs le matin au moment où je me mets à l’eau inhabituel mais sympathique. On s’amuse comme me la fait remarquer un nageur. Avons rencontré un voisin de mouillage qui travaille et vit aux Antilles depuis fort longtemps. Il nous a emmenés en expédition Décathlon et Carrefour ce matin. Il semblerait que l’accueil guadeloupéen soit aussi chaleureux et décontracté que le martiniquais. Ce matin avant le lever du jour, des bruits de carnaval

parvenaient jusqu’à nous. Mais rien à comparer avec d’autres pays même les vendredis soirs sont calmes. Les prix sont bien plus raisonnables qu’en Martinique surtout pour les fruits et légumes. Le rhum d’ici est aussi excellent nous a-ton dit. Les jet-skis sont une plaie et ce soir le tonnerre gronde. Bonne fin de carnaval.

 

De nouvelles rencontres toujours bonnes à prendre. M. nous propose immédiatement de nous emmener dans son bus pour faire des courses et nous prête une antenne WiFi. Passons une après-midi avec M. et L. et leurs enfants à la plage. Ils ont choisi de s’installer ici et se sont mis à leur compte après deux années de voyage dans la Caraïbe et le Vénézuela. L’évocation de souvenirs communs leur fait plaisir et ils se replongent l’espace de quelques heures dans le monde du voyage au long cours par voie de mer.

 

Contrairement au Pacifique dans les Antilles on ne reste jamais très longtemps sans revoir des bateaux copains. Ercolausa et Out of Africa sont à côté de nous ce soir.

 

Détail pour les amateurs de technique : nous n’avons jamais autant dérapé que depuis les Antilles françaises ; il semblerait que notre ancre ‘spade’ n’aime pas les fonds d’algues. Elle ne croche pas et hier avons évité de justesse un gros cata de luxe. Avons mis deux ancres pour être tranquille car le vent souffle fort et le clapot se fait sentir.

 

Sinon pas de très bonne nouvelle de la vie à bord ; le CNED nous occasionne pas mal de soucis en ce moment. Plus de lecture collective et plus d’activités ludiques pour Arthur. Je serai vraiment contente de me débarrasser de la scolarité de Zoé à qui il faut que je torde le bras pendant une heure tous les matins pour la décider à se mettre au travail. Je n’ai pas rencontré un bateau où le CNED n’ait été autant une chance qu’un lourd fardeau.

 

Nous avons pris conscience que le voyage tirait à sa fin en prenant un premier rendez-vous chez l’orthodontiste pour Arthur. Zoé a perdu une nouvelle dent et la petite souris a eu la bonne idée de lui apporter une poupée créole toute de madras vêtue.

 

Je lis le juif errant de d’Ormesson ; entre les problèmes du CNED, la préparation au retour, les bouffées de chaleur de la ménopause qui approche à grands pas, les voisins de mouillage qu’on souhaitait ne plus croiser, je dois avouer que mon bio-rythme n’est pas au mieux. Heureusement que mes trois heures d’activité physique et yoga du matin me permettent d’affronter les journées en restant patiente.

 

L’environnement de l(îlet du Gosier n’est pas déplaisant ; eau claire, herbier et poissons, plage, commerces à proximité, Internet gratuit une heure par jour à la Cuber-base financée par la mairie, laverie abordable, eau gratuite. Le débarquement est sportif et les sacs étanches obligatoires.

 

L’accueil guadeloupéen se confirme comme étant souriant et chaleureux. Il fait très chaud dans la journée et des averses sont fréquentes le soir et la nuit.

 

Toujours pas d’acheteurs potentiels pour Taugl ; ici les bateaux sont peu chers car l’offre dépasse largement la demande. J’ai finalement décidé de faire la transat retour avec les enfants. Peut-être prendrai-je un vol de retour des Açores si besoin est. Il nous est pour l’instant difficile de trouver un endroit où stocker le bateau en France, cher ou impossible car les wharram posent des problèmes uniques. La Grèce ou la Turquie ? Olivier semble de plus en plus s’orienter vers des modifications du bateau qui nous permettrait de le garder ou mieux le vendre. Le marché est d’acheteur en ce moment, pléthore de produits sur le marché et peu d’intéressés. Sur le site de ‘Sail the World’ la liste d’annonces de bateaux à vendre croît à la minute. Comme d’habitude nous laisserons les circonstances s’occuper de notre sort.

 

Fin de semaine février 2012 Ilet du Gosier Guadeloupe


Il semblerait que nous soyons coincés ici pour quelques jours encore. Le vent souffle vraiment très fort, le clapot nous berce, la natation à contre courant affine la cuisse. Hier soir, diner sur la plage autour d’un plat typiquement sud-africain ; demain BBQ sur la plage ; Zoé est ravie ; Arthur essaie de rattraper son retard, nous essayons d’écarter les bras pour que tout ne tombe pas ou pas en même temps.

 

Ai commencé la lecture d’un essai sur la mer, sa perception à travers les âges et la littérature et autres expressions artistiques. Comme si je n’en avais pas assez….

 

La vie nonchalante du cruiser/yachtie/navigateur se poursuit. Hier gros BBQ sur la plage avec poulet miel/moutarde, gaufres cuites dans un moule à croque-monsieur sur la braise, patates, oignons et tutti quanti. Une belle journée sans prétention, juste pour passer le temps. Mais le constat général reste le même, la vie n’est facile pour personne… Le vent continue de souffler donc pas de départ possible pour l’instant. Notre temps s’écoule entre Internet, lessives, corvée d’eau, CNED et visites du bateau. Les grains sont fréquents le matin, des pluies qui ne mouillent pas.

 

Avons fait un tour au marché du Gosier. Plutôt cher et pas très accueillant pour le touriste de passage. Exemple : quel est le prix de vos oranges ? il n’a pas changé, c’est le même que d’habitude. Pas d’étiquettes bien sûr et de préférence on se retrouve avec le melon le plus pourri de la pile. Les interpellations à grand coup de ‘chérie’ ou ‘doudou’ n’avaient rien de sympathique. Mais la haute-de saison battant son plein, l’agacement et les rancœurs s’installent. Il parait que des articles paraissent dans les journaux sur le manque de rapport du yachtie… Et oui il se plaint souvent, réclame des services et a la réputation de ne pas (re)verser sa part dans l’économie locale. En plus il concurrence le pêcheur local.

Une constation : les lois anti-tabac n’ont pas eu encore beaucoup d’effet ici. Et l’alcool est un trop bon moyen d’oublier les souffrances de la vie.

 

Par TAUGL
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Dimanche 19 février 2012 7 19 /02 /Fév /2012 15:25

Lundi 13 février Les Saintes              

            

Après notre balade mémorable au boiling lake, et ses sources sulfureuses, ses geysers et sa vallée de la désolation, nous avons fait une promenade aux Trafalgar falls, un jour sans cruise liner. Un endroit de début du monde absolument magique, un environnement tout à fait exceptionnel, deux cascades, une d’eau chaude l’autre d’eau froide qui se rejoignent dans un cirque niché dans une végétation dense et verte. Nous nous baignâmes longuement dans l’eau chaude et plus rapidement dans l’eau froide ; pique-nique les fesses à 36C, copieusement arrosé par les ondes tropicales incessantes e jour-là. Un bel endroit ; le soir diner au ‘drop anchor’, tenu par des américains bien sympathiques et à la disposition des cruisers. Ils ne peuvent pas faire tout ce qu’il voudrait car les dominicains ne le permettraient pas. Mais ils se détruisent tranquillement à l’herbe et à l’alcool.

 

Après une journée marché et laundry, nous quittons Roseau. Nous y aurons côtoyé des dominicains agréables et causants ; d’autres agressifs, d’autres arnaqueurs, bref l’humanité.

 

Arrêt éclair à Portsmouth après une navigation couci-couça, pas de vent puis du vent mais à la  voile travers, ce qui est toujours une belle allure. En prime nous avons vu un cachalot qui nous a montré sa belle queue. Portsmouth, l’horreur ; les taxi boats qui assaillent le navigateur avant même qu’il n’ait abordé la baie où il va mouiller. Beaucoup de monde, trois essais avant de mouiller dans 2m d’eau. Une nuit et ce midi nous partons pour les Saintes.

 

Arrivée aux Saintes après une navigation tranquille, travers sans houle ; toujours pas de poissons à nos lignes. L’arrivée dans la passe est très joli, paysage de cailloux avec une végétation rase et sèche dans une lumière d’après-midi chaude ; en fond d’écran, la ville sous la grisaille et la pluie. Le mouillage est assez fréquenté mais joli, une baie d’eau claire. Zoé et crochet sont déjà dans l’eau pour vérifier l’ancre.

 

Ercolausa est à coté de nous, Zoé est ravie elle s’entend bien avec Lauriane. Ils sont partis pour un long voyage avec passage de Panama ; ils font au moins un envieux à bord. Rien de nouveau concernant la vente de Taugl.        


Mercredi 15 février Les Saintes


Adorons cet endroit calme et paisible. Le village est vraiment joli avec ces coquettes maisons en bois coloré, très touristique bien sûr mais mignon tout plein. La balade depuis le mouillage jusqu’au bourg offre de jolis points de vues sur la baie des Saines. Superbement protégé on comprend que les flottes des amiraux français d’antan y aient trouvé refuge. L’eau est d’une limpidité parfaite, les poissons ne sont plus très nombreux ni très gros, le corail survit à peine. Nous avons brièvement revu Yeratel devant la supérette, toujours un plaisir de bavarder ; nous sommes bien accordés, ce qui est rare somme toute. Cette après-midi petite promenade sur la plage d’en face et à la croix qui surplombe le mouillage.

 

Hier nous avons dignement fêté nos 29 ans de vie commune ; champagne et foie gras. Zoé n’a pas apprécié la plaisanterie de Crochet la menaçant de laisser les enfants à l’écart de la ripaille ; elle nous a vertement tancés en disant que nous lui revenions de droit…  


Demain nous continuerons notre exploration de ces îles très sèches à la végétation plutôt méditerranéenne.

 

Vendredi 17 février Les Saintes


Vraiment une escale qui nous plait. Depuis longtemps nous ne nous étions pas sentis aussi bien dans un mouillage. Baignade et promenade au menu d’une escale-type. Sui ce n’était les déboires classiques d’une famille avec ado … tout serait parfait.

 

Aujourd’hui visite du fort Napoléon et rencontre avec l’ami de Vali et Georges. Un personnage adorable et qui répond à notre affirmation que les Saintes sont le paradis en disant ‘pas pour moi’ ; il préfère ses séjours en métropole. Le site est intéressant et les informations sur la célèbre bataille des Saintes complet et didactique. On s’attendait à croiser Bolitho à chaque instant.

 

Hier c’est à l’îlet Cabri que nous étions et au fort Joséphine ; de là encore de superbes vues sur l’archipel. Beaucoup de bateaux de passage dont des super-yachts qui font une belle eau bleue autour d’eaux la nuit.

Nous sommes toujours en compagnie de la famille Ercolausa et nous les remercions des photos de notre sortie à Trafalgar falls que vous verrez sur picasaweb et de l’accès WiFi. Ils font partie des navigateurs qui ont le cœur sur la main et resterons les belles rencontres de la Taugl family.

 

Nous ne sommes pas encore décidés à changer de mouillage car quelques balades nous attendent encore ici ainsi que des invitations à discuter avec des saintois. Plus au prochain épisode donc.

 

Les saintois ont eu beaucoup de gout de choisir le rouge éclatant pour les toitures des maisons qui se nichent dans la rade et épousent les quelques collines de l’île. La baie des Saintes est classée troisième baie la plus belle au monde. Vous pouvez sans hésiter y planifier des vacances !

 

Dimanche matin, une levée matinale pour escalader le Chameau point culminant de l’île à 309 m. Magnifique vue de la baie et des environs. Avons eu l’occasion de discuter avec des saintois et des métropolitains installés ici. La situation dans ces îles est difficile et les opportunités trop peu nombreuses pour que les jeunes y aient un avenir. Beaucoup de chômage et peu de stimulation culturelle ; ceux qui partent ne reviennent pas et la France ne fait pas beaucoup pour améliorer le développement des DOM. De plus, ces microcosmes ne sont pas favorables au développement tant est grande l’énergie passée à s’épier, de contrôler, se mesurer sans désir de progresser ensemble vers un objectif commun. Aussi le désir se concentre sur plus de consommation au détriment de la préservation de la culture et du patrimoine. Les bateaux à l’escale en tout cas ne boudent pas ce bout de paradis vacancier ; une centaine de bateaux au mouillage répartis sur trois sites.  

     

Par TAUGL
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Jeudi 9 février 2012 4 09 /02 /Fév /2012 16:58

Lundi 6 février Roseau Dominique

Au revoir la Martinique. En effet, après une escale à St Pierre,, nous sommes depuis hier à Roseau. Que dire de St Pierre. Ville entièrement détruite par l’éruption de la Montagne Pelée en 1902 et qui depuis n’a jamais retrouvé son lustre de petit Paris des Antilles. Mais pour nous ce ne sont pas les vestiges ni les ruines qui nous l‘ont rendue attrayante mais les retrouvailles avec Yeratel. Nous avions rencontré Vali et Georges avant notre départ par l’intermédiaire des forums destinés aux navigateurs. Ils avaient accompagné notre départ sur la plage de Bormes-Les-Mimosas en vus partir . Depuis leur superbe bateau est à flots ; ils sont partis en voyage à leur tour et viennent de retraverser l’Atlantique. Nous avions bien des choses à nous dire et nous avons passé en leur compagnie deux jours intenses. Nous les reverrons certainement dans les mois prochains. Ils font partie des gens en paix avec leur choix de vie et enthousiastes en ce qui concerne leur avenir à moyen terme. Leur bateau est absolument magnifique, l’un, si ce n’est le plus beau, de ceux que nous avons visité pendant ce voyage. Leur joie de vivre nous a fait du bien tant dans les Antilles , navigation et navigateurs sont difficiles. Nos avons aussi passé une soirée en compagnie de Marie-Ange et Raoul, des voisins savoyards qui sont sur le retour un peu à cause de ce manque de communication et légèreté des navigateurs de ce coté-ci de l’Atlantique.

Notre passage du canal de la Dominique fut fort venté ; des rafales à plus de 25 nœuds et au départ une bonne houle qui nous arrosa copieusement. Les fichiers météo nous avaient absolument mal renseignés, mais il semble qu’ici nous ne puissions pas faire confiance aux prévisions.

A Roseau, c’est corps-mort obligatoire tant il y a du fonds. Le mouillage est calme ; de jolies odeurs de soufre arrivant de la soufrière ; des habitations pauvres sur la plage. Le vent reste très fort.

Ce matin lundi, formalités, un petit tour dans Roseau, un paquebot de touristes allemands a envahi la ville et les chauffeurs de taxi et vendeurs de souvenirs sont sur les dents ; une ambiance que nous détestons. Il nous sera peut-etre difficile ici d’organiser des sorties tranquilles sans une cohorte de guides qui nous collerons aux basques. Tout comme à Ste Lucie, la Dominique vit à des années-lumières de la Martinique et de la Guadeloupe qui l’encadre. L’ambiance s’en ressent mais les gens sont plutôt souriants et avenants. Bien que la corruption soit de mise. Avons rencontré un jeune italien qui nous a dit qu’il encourageait la corruption car c‘était un moyen de se faciliter la vie. Qu’en pensez-vous ?

Jeudi 9 février Roseau

Ah la problématique des riches et des pauvres, je ne vais pas en parler longuement mais ici le contraste entre Dominicains désireux de gagner de l’argent et le déversement ininterrompu des touristes des paquebots est poignant. Nous sommes sollicités en permanence et pas de la façon la plus élégante qui soit. Cela dit l’île est magnifique, un paradis de vert décliné sur tous les tons.

Zoé a fait l’admiration de tous avant-hier en montant au boiling lake, lac de cratère bouillant atteint après 3 heures d’une marche éreintante ; le temps du retour est le même puisque les montées équivalent les descentes ; les paysages traversés sont renversants et les couleurs étonnantes ; baignade dans des rivières d’eau chaude avec l’odeur de soufre qui prend à la gorge.

Avons hier fait une expédition à 14 (inhabituel pour la Taugl family) à Scotts Head, joli village niché situé dans une anse formée par l’effondrement d’un volcan. Snorkeling décevant car le corail est mort mais joli vue depuis la colline environnante.  La météo n’est pas toujours facile à vivre sur Taugl entre pluies et rafales fortes de vent. Bénéficions des odeurs de soufre ici aussi…

Ce soir diner à 14 car en effet avons retrouvé les équipages d’Ercolausa, Out of Africa et un couple de belges que nous ne connaissons pas encore très bien.

Un mot de fin : la Dominique souffre comme beaucoup d’autres îles des Antilles de la fumette et de l’alcool. Dommage, les ravages expliquent une glorieuse stagnation que nous ne voyons pas diminuer dans les années qui viennent.   

    

 

Par TAUGL
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Mercredi 1 février 2012 3 01 /02 /Fév /2012 16:47

 

Rodney Bay Ste Lucie Jeudi 26 janvier


Avons quitté l’anse Mitan dimanche pour un premier arrêt à la grande Anse d’Arlets. Mouillage comme nous les détestons c’est-à-dire très, trop peuplé. Trouver une place dans un fond de tenue moyenne est difficile ; nous mouillerons devant la plage et alors que les enfants se jettent à l’eau pour vérifier l’ancre, il manque de se faire passer dessus par un bateau à moteur. Le capitaine du-dit bateau incrimine le soleil pour expliquer qu’il ne les avait pas vus ! La femme du capitaine de frayeur et vexée d’avoir été prise en défaut devient hystérique et insulte Olivier. Charmant comme bienvenue. Devant la plage du bruit et des odeurs mais nous retrouvons Graffiti qui nous présente Sophie qui réparera nos focs pour un prix très raisonnable. Sophie est une montagnarde aguerrie tout comme son ami, guide à Chamonix.

 

Le prochain arrêt c’est à Ste Lucie que nous le ferons. A la soufrière plus exactement. Là encore, le water taxi nous saute dessus à l’entrée de la baie et ne nous lâche pas. Le mouillage n’est pas autorisé, il faut prendre un corps-mort et les prix fluctuent suivant l’interlocuteur rencontré. Mais le mouillage est magnifique, au saut de pitons rocheux, avec une vague odeur de soufre dans l’air. Paysage dramatique et vertigineux. Le volcan n’est pas loin. La baignade est là aussi dangereuse tant les barques à moteur sont nombreuses, et frôlent les bateaux. Les visiteurs sont nombreux aussi, vendeurs de fruits, puis de poissons, puis de souvenirs.

 

Le village est pauvre. Quel contraste en quelques miles, la Martinique riche et développée ; à coté Ste Lucie, pauvre, aux maisons délabrées et aux supermarchés aux rayons vides et poussiéreux. Cependant Ste Lucie est touristique et les nombreux mini-bus déversent les américains rougeauds au jardin botanique. Nous ferons une petite promenade aux abords de la rainforest et serons étonnés de voir un contraste incroyable entre riches et pauvres, bien plus saisissant que dans d’autres endroits. Porsche et mercédes à coté de cases en ruines. L’argent semble-t-il vient de la drogue car l’ile ne vit que du tourisme et de la banane, bien subventionnée par l’ UE mais actuellement en crise. La population est moins accueillante et souriante qu’en Martinique. Les ravages de l’alcool et/ou de la fumette sont évidents. Nous ferons un peu de snorkeling, de jolies patates et des poissons.

 

Ce soir, nous sommes à Rodney Bay, tout ce que nous détestons puissance 10 ; jet-skis, parachute ascensionnel, bouées de plage, bruit, passage, un mouillage densément peuplé, un paysage moche et plat. Espérons organiser une excursion à terre mais ne nous éterniserons pas ici. La plaisance de masse ne nous sied guère, nous sommes snobs et le revendiquons.

 

Je ne sais pas si je vous avais parlé de la ferveur des martiniquais. L’église affiche plus que complet les dimanches matins. Au point que les fidèles suivent l’office sur le parvis de l’église ! Les plus beaux habits et chapeaux sont de mise , l’ensemble est coloré et gai. Pas du tout ce que nous aurons ressenti à Ste Lucie. En effet

 

ce lundi 30 janvier avons quitté Rodney Bay pour revenir à l’Anse Mitan. Une navigation menée tambour battant à plus de 7 nœuds au bon plein avec une houle souvent forte et deux bords dans la baie de Fort-de-France pour l’arrivée en fin d’après-midi. Nous sommes contents de retrouver la souriante Martinique. Notre séjour à Ste Lucie ne nous laissera pas un souvenir impérissable. Le mouillage de Rodney Bay est bruyant à souhait de jour comme de nuit. Les St Luciens et Ste Luciennes ne respirent pas la joie de vivre et sont agacés par les touristes (ce que nous comprenons tout à fait) et le montrent. Ils sont plutôt désagréables et ‘piégeants’ même pour les péquins de bonne foi comme nous pensons l’être. Si nous avons le malheur de ne pas acheter légumes et fruits en traversant des rues où abondent les vendeurs de rue, les insultes ne sont pas loin. Nous avons effectué un tour de l‘ile en bus. Les paysages sont bien différents entre la côte au vent et celle sous le vent, et l’intérieur. On passe de la rainforest à l’herbe sèche et aux arbustes maigrichons. Les villages sont assez pauvres, les maisons délabrées à l’exception de quelques-unes qui sont de véritables immeubles.

 

Ma voisine de bus explique l’ambiance morose et le manque de joie de vivre par la période d’élections qui vient de s’achever et l’absence de perspective d’un avenir bien meilleur. Les temps sont durs ; le parti au pouvoir (labour) a fait des promesses mais les jeunes sont trop délaissés et les opportunités faibles. Le contraste entre richesse et pauvreté est indécent sur un si petit territoire et avoir comme seul futur de gagner sa vie en étant l’esclave des touristes ne fait pas rêver. De plus, la proximité de la Martinique où le niveau de vie est si supérieur n’arrange rien. Dans chaque famille, un membre est expatrié et subventionne les autres ; merci Western Union. Ici la misère ne semble pas moins pénible même si le soleil est au rendez-vous. N’ayant rien à offrir ni à faire ici, ce soir nous sommes mouillés à l’Anse Mitan. Retrouvons Athos et Kéa dans quelques jours nous poursuivrons notre route vers le Nord.

 

Entre temps nous organisons notre retour à terre, inscription des enfants dans leurs écoles respectives ; etc La vente de Taugl ne s’annonce pas aisée.

 

 

Par TAUGL
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Dimanche 22 janvier 2012 7 22 /01 /Jan /2012 16:41

 

Petite Anse d’Arlets 12 janvier 2012

 

La vie suit son cours aux Antilles entre courses à Carrefour et baignade. Après quelques jours à l’anse Mitan, sommes ce soir à la petite Anse d’Arlets, devant un petit village au joli clocher qui marque les demi-heures et heures de son joli carillon. Calme mais toujours venté, les alizés de Nord-est sont bien établis ; des grains toute la journée. Avons retrouvé une connaissance du Brésil, Zao.

 

Nous vous remercions de vos retours sur nos vœux. Vos messages nous donnent confiance pour les mois à venir et nous permettront d’être plus sereins pour tout planifier. Nous serons en tout cas contents de vous retrouver pour assurer notre stimulation intellectuelle qui fait trop souvent défaut dans la vie de bateau. Vous nous posez quelques questions sur les dates et lieu de retour auxquelles il nous est impossible de répondre à ce jour. Tout dépendra de la vente ou non de Taugl de ce côté-ci de l’Atlantique et de la motivation de tout ou partie de l’équipage pour effectuer la transat retour.

 

Je vous écris au son de l’Angélus ; nous avions beaucoup entendu les muezzins récemment mais les cloches, ça faisait bien longtemps que nous ne les avions entendues et c’est ma foi tout à fait charmant.

 

Le snorkeling ici vaut vraiment la peine, l’eau est très claire et le corail coloré et de formes originales ; peu de poissons cependant mais des langoustes. Nous sommes heureux aussi de nous manger un bon petit morceau de fromage avec un verre de rouge après un ti’punch au bon rhum des Antilles. Avons découvert le Neisson qui nous ravit.

Les enfants se régalent ce soir avec l’annexe à voile au soleil couchant. Petite soirée hamac en perspective si les grains nous lâchent quelques minutes.

 

Samedi 21 janvier Anse Mitan

 

Balade entre anses , dans et sur l’eau, la vie s’écoule doucement au rythme antillais. Aujourd’hui escapade à la capitale Fort-de-France ; le musée régional et ethnographique ; nous y avons adoré les figurines de Will réalisées avec des végétaux de toute sorte. Sans traits de visage et par la seule attitude des corps, elles expriment l’état d’esprit des personnages incarnés. Ravissant. Les poupées revêtues des tenues traditionnelles ont ébloui Zoé et nous ont appris beaucoup sur les mœurs locales. L’ambiance bourgeoise 19ème est le point d’orgue du musée. La journée s’est finie par une heure de percussions du Yakaband, en répétition d’avant Carnaval. D’ailleurs, c’est tous les soirs que nous parviennent les sons entrainants de ces tambours plus ou moins lointains. Nous aimons et admirons la performance physique nécessaire à l’émission de ces sons qui ‘cotonnent’ quelque peu les oreilles. Nous essayerons de ne pas oublier les boules Quiès pour les jours gras !

 

En lecture collective, renouons avec l’aventure et Jack London. Je me suis attaquée au Limonov d’Emmanuel Carrère après les filles de Hallows Farm de Angela Huth, que j’ai beaucoup apprécié. Les relations humaines y sont analysées avec finesse et un parti pris tout à fait féminin.

 

Du coté de la vente de Taugl, rien à signaler. Le capitaine semble s’acheminer vers un convoyage pour pouvoir vider le bateau et faire baisser le prix de manière conséquente. Arthur est sollicité pour faire des vœux d’avenir, difficile ; toujours pas de projets d’avenir qui se dessine. Zoé finit tranquillement son année de CE1 et rêve du lit qu’on va lui acheter de retour à la maison.

 

Encore une fois merci de vos messages de vœu ; ils nous ont touchés et nous savons que nous serons accueillis à bras ouverts. Nous avons hâte de vous revoir tous et de reprendre des discussions animées sur … tout, rien, hier, aujourd’hui et demain.

 

Je voudrais encore ajouter un mot sur la gentillesse et l'accueil des martiniquais. Ils sont extraordinaires d'amabilité, de serviabilité, d'assistance et de sourires. Nous adorons et en profitons pleinement. Aujourd'hui comme souvent l'alizé souffle fort et le clapot s'est levé ; je ne sais si nous partirons à l'Anse d'Arlets tout à l'heure ; nous avons une voile à y récupérer et souhaitons enfin passer une semaine à Ste Lucie.

 

 

 

 

Par TAUGL
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