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Mardi gras 21 février L’îlet du Gosier Guadeloupe Grande Terre
Des Saintes avons rallié la Guadeloupe hier. Une navigation un peu longue pour quelques miles, du près et un peu de houle. Le mouillage de l’îlet Gosier n’a rien à voir avec les Saintes, que nous regrettons déjà. Beaucoup de monde particulièrement parce que nous sommes la semaine du carnaval ; mardi et mercredi sont fériés et les vacanciers sont nombreux. Beaucoup de nageurs le matin au moment où je me mets à l’eau inhabituel mais sympathique. On s’amuse comme me la fait remarquer un nageur. Avons rencontré un voisin de mouillage qui travaille et vit aux Antilles depuis fort longtemps. Il nous a emmenés en expédition Décathlon et Carrefour ce matin. Il semblerait que l’accueil guadeloupéen soit aussi chaleureux et décontracté que le martiniquais. Ce matin avant le lever du jour, des bruits de carnaval
parvenaient jusqu’à nous. Mais rien à comparer avec d’autres pays même les vendredis soirs sont calmes. Les prix sont bien plus raisonnables qu’en Martinique surtout pour les fruits et légumes. Le rhum d’ici est aussi excellent nous a-ton dit. Les jet-skis sont une plaie et ce soir le tonnerre gronde. Bonne fin de carnaval.
De nouvelles rencontres toujours bonnes à prendre. M. nous propose immédiatement de nous emmener dans son bus pour faire des courses et nous prête une antenne WiFi. Passons une après-midi avec M. et L. et leurs enfants à la plage. Ils ont choisi de s’installer ici et se sont mis à leur compte après deux années de voyage dans la Caraïbe et le Vénézuela. L’évocation de souvenirs communs leur fait plaisir et ils se replongent l’espace de quelques heures dans le monde du voyage au long cours par voie de mer.
Contrairement au Pacifique dans les Antilles on ne reste jamais très longtemps sans revoir des bateaux copains. Ercolausa et Out of Africa sont à côté de nous ce soir.
Détail pour les amateurs de technique : nous n’avons jamais autant dérapé que depuis les Antilles françaises ; il semblerait que notre ancre ‘spade’ n’aime pas les fonds d’algues. Elle ne croche pas et hier avons évité de justesse un gros cata de luxe. Avons mis deux ancres pour être tranquille car le vent souffle fort et le clapot se fait sentir.
Sinon pas de très bonne nouvelle de la vie à bord ; le CNED nous occasionne pas mal de soucis en ce moment. Plus de lecture collective et plus d’activités ludiques pour Arthur. Je serai vraiment contente de me débarrasser de la scolarité de Zoé à qui il faut que je torde le bras pendant une heure tous les matins pour la décider à se mettre au travail. Je n’ai pas rencontré un bateau où le CNED n’ait été autant une chance qu’un lourd fardeau.
Nous avons pris conscience que le voyage tirait à sa fin en prenant un premier rendez-vous chez l’orthodontiste pour Arthur. Zoé a perdu une nouvelle dent et la petite souris a eu la bonne idée de lui apporter une poupée créole toute de madras vêtue.
Je lis le juif errant de d’Ormesson ; entre les problèmes du CNED, la préparation au retour, les bouffées de chaleur de la ménopause qui approche à grands pas, les voisins de mouillage qu’on souhaitait ne plus croiser, je dois avouer que mon bio-rythme n’est pas au mieux. Heureusement que mes trois heures d’activité physique et yoga du matin me permettent d’affronter les journées en restant patiente.
L’environnement de l(îlet du Gosier n’est pas déplaisant ; eau claire, herbier et poissons, plage, commerces à proximité, Internet gratuit une heure par jour à la Cuber-base financée par la mairie, laverie abordable, eau gratuite. Le débarquement est sportif et les sacs étanches obligatoires.
L’accueil guadeloupéen se confirme comme étant souriant et chaleureux. Il fait très chaud dans la journée et des averses sont fréquentes le soir et la nuit.
Toujours pas d’acheteurs potentiels pour Taugl ; ici les bateaux sont peu chers car l’offre dépasse largement la demande. J’ai finalement décidé de faire la transat retour avec les enfants. Peut-être prendrai-je un vol de retour des Açores si besoin est. Il nous est pour l’instant difficile de trouver un endroit où stocker le bateau en France, cher ou impossible car les wharram posent des problèmes uniques. La Grèce ou la Turquie ? Olivier semble de plus en plus s’orienter vers des modifications du bateau qui nous permettrait de le garder ou mieux le vendre. Le marché est d’acheteur en ce moment, pléthore de produits sur le marché et peu d’intéressés. Sur le site de ‘Sail the World’ la liste d’annonces de bateaux à vendre croît à la minute. Comme d’habitude nous laisserons les circonstances s’occuper de notre sort.
Fin de semaine février 2012 Ilet du Gosier Guadeloupe
Il semblerait que nous soyons coincés ici pour quelques jours encore. Le vent souffle vraiment très fort, le clapot nous berce, la natation à contre courant affine la cuisse. Hier soir, diner sur la plage autour d’un plat typiquement sud-africain ; demain BBQ sur la plage ; Zoé est ravie ; Arthur essaie de rattraper son retard, nous essayons d’écarter les bras pour que tout ne tombe pas ou pas en même temps.
Ai commencé la lecture d’un essai sur la mer, sa perception à travers les âges et la littérature et autres expressions artistiques. Comme si je n’en avais pas assez….
La vie nonchalante du cruiser/yachtie/navigateur se poursuit. Hier gros BBQ sur la plage avec poulet miel/moutarde, gaufres cuites dans un moule à croque-monsieur sur la braise, patates, oignons et tutti quanti. Une belle journée sans prétention, juste pour passer le temps. Mais le constat général reste le même, la vie n’est facile pour personne… Le vent continue de souffler donc pas de départ possible pour l’instant. Notre temps s’écoule entre Internet, lessives, corvée d’eau, CNED et visites du bateau. Les grains sont fréquents le matin, des pluies qui ne mouillent pas.
Avons fait un tour au marché du Gosier. Plutôt cher et pas très accueillant pour le touriste de passage. Exemple : quel est le prix de vos oranges ? il n’a pas changé, c’est le même que d’habitude. Pas d’étiquettes bien sûr et de préférence on se retrouve avec le melon le plus pourri de la pile. Les interpellations à grand coup de ‘chérie’ ou ‘doudou’ n’avaient rien de sympathique. Mais la haute-de saison battant son plein, l’agacement et les rancœurs s’installent. Il parait que des articles paraissent dans les journaux sur le manque de rapport du yachtie… Et oui il se plaint souvent, réclame des services et a la réputation de ne pas (re)verser sa part dans l’économie locale. En plus il concurrence le pêcheur local.
Une constation : les lois anti-tabac n’ont pas eu encore beaucoup d’effet ici. Et l’alcool est un trop bon moyen d’oublier les souffrances de la vie.