Mardi 2 aout En route vers la Guyane française (encore 1109 miles parcourir)
Début de nuit idyllique, vent arrière, focs en papillon, plus de 7 nœuds sans forcer, ciel étoilé avec un filet de lune, un cargo loin sur tribord, une mer belle avec la houle qui nous pousse gentiment dans la bonne direction.
Avons donc appareillé le lundi 1er aout de bonne heure sous un ciel gris et pluvieux ; démouillage sans anicroche avant que le courant ne soit trop fort après une nuit au sommeil difficile tant la musique étai forte et mauvaise. A la sortie de la rivière, zone protégée sans vent mais le courant nos expulse vers le large. Longeons le chenal avec une houle sensible puis passons rapidement grand largue, 1 ris dans la grand-voile et foc pour une vitesse de 6 à 7 nœuds. Très vite sommes rattrapés et dépassés par Kéa ; journée chaude avec ciel clair, belle allure mais houle inconfortable occasionnant des mouvements secs et travers, menaçant notre équilibre à chaque instant et rendant les opérations vaisselle et cuisine délicates. Beau coucher de soleil, étoiles dans un ciel noir sans lune. Des cargos en vue, connaissons l’existence de plates-formes entre Natal et Fortaleza donc vigilance accrue. Température douce 26.3°C à 19h avec 69% d’humidité, baro à 1021. Nuit paisible en perspective. Effectivement à part un pêcheur qui a croisé notre route, RAS.
Journée du mardi comme nous les aimons à bord de Taugl ; allure portante sur mer belle ; ciel bleu avec possibilité d’admirer le coucher du soleil sur le filet ; lecture, cuisine (Zoé a eu un livre de cuisine pour son anniversaire et nous avons innové avec une recette de sablés à l’orange absolument délicieux), écoute de podcasts de franc Inter, notamment la série sur l’Algérie ; fin du récit de Raspail sur la triste vie et disparition des Alakalufs du détroit de Magellan. Un peu de boulot avec les enfants, Zoé est toujours aussi réticente à s’y mettre et chaque jour ma patience est mise rude épreuve jusqu’à ce qu’elle accepte de commencer à travailler. Comme pour Arthur, les chiffres ne lui parlent pas tant que les livres mais la répétition des tables de multiplication commence à graver son circuit neuronal avant impression indélébile.
Cette nuit a débuté par un coucher de soleil assorti d’un rayon vert et s’annonce tout aussi paisible et étoilée que la précédente. L’allure portante offre un véritable bercement physique propice à la méditation dont nous avons bien besoin en ces temps de réflexion sur l’année à venir.
Jeudi 4 aout
Belle navigation au portant voir grand largue sur mer calme ; lecture sur le filet avant couchers de soleil, essais culinaires avec Zoé et son nouveau livre ; la vie heureuse et simple des traversées de plusieurs jours.
Le début d’une nouvelle lecture collective après la déprimante histoire des indiens alakalufs de terre de feu : le souffle de Sinhala de Colin de Silva. Grande épopée des rois guerriers du Sri Lanka matinés de bouddhisme, des rivages peu connus e qui déjà nous captivent.
Pour ma part, j’ai adoré les nouvelles de l’exil de Brigitte Fontaine et Points de suspension de Sybille Lacan, j’ai un penchant pour ce genre court et incisif. Là je me suis plongé dans un policier scandinave, je suis toujours bluffée par la capacité de ces auteurs de polar à nous plonger dans l’intrigue dès les premières pages, intérêt et curiosité grandissants à mesure que l’histoire se complexifie et que les rebondissements se multiplient.
Nocciolino est arrivé aux Iles du Salut après 200 miles au moteur, espérons que les dieux du vent se réveilleront car nous avons fait l’impasse sur l’achat d’essence brésilienne qui a la réputation d’encrasser les moteurs. Pour l’instant, nous fonçons à 8 nœuds avec une houle plus forte et une chaleur intense, nuages mais ciel clair ; quelques cargos croisés sans danger.
Extrait du souffle de Sinhala : Nous ne sommes pas des créatures qui ne peuvent en faire davantage que ce qu’elles font. C’est l’effort qui donne l’espoir. Le succès est dans la lutte. … La seule véritable ambition est le désir se surpasser soi-même.
Extrait du retour du professeur de danse de Henning Mankell : Même à un réveil matin, on ne pouvait se fier ; c’est pourquoi il en avait deux.
Pourquoi tout doit-il être si fade par les temps qui courent ? Le café comme les gens ? ça me dépasse.
… peu de joies dans la vie pouvaient se mesurer à la disparition d’une souffrance aigue.
Vendredi 5 aout 180 miles par jour à plus de 7.5
Belle allure sur mer calme la plupart du temps bien que hier la houle se soit renforcée de travers occasionnant quelques belles cognées sur les coques et de la ‘pluie’ à l’intérieur du carré. Avions reçu la visite d’un grand groupe de dauphins le matin qui jouèrent une bonne demi-heure à l’avant du bateau avant de disparaitre sans laisser de traces. Le vent est irrégulier en force surtout mais le courant aidant nous avançons toujours à plus de 7 nœuds. Cette nuit pas de cargos en vue, nous sommes dans une zone plus éloignée des routes commerciales ; pas de pêcheurs non plus. Ce matin, le ciel est menaçant de grains et quelques gouttes s’échappent de la couverture nuageuse qui s’épaissit sans paraitre trop dangereuse. Nous traverserons bientôt l’équateur (S00.33 à 6.45) et avons déjà mis ne bouteille au frais pour l’occasion .
Extrait du retour du professeur de danse : … ce rire libérateur qui l’aidait à supporter toutes les abominations
Souffle de Sinhala : la solitude n’est qu’un produit de l’homme
Message de Dieu ’je ne puis agir que par toi, dit-il. Ne reste pas immobile figé dans ta peur. Lève-toi et pars avec elle. Je te sauverai si tu te sauves toi-même.’
Le sujet des conversations reste le retour et l’anticipation des choses à faire, de ce qui nous attend, de nos réactions et nos besoins pour une réadaptation sereine et harmonieuse ; les craintes et les forces des uns et des autres. ; les manques mais aussi le comblement de ce qui nous aura manqué pendant ces dernières années ; les finances ; le travail ; l’école ; les amis, la famille retrouver nos liens terriens et maintenir à flots ceux que nous avons tissé ; vaste programme ….
Avons passé l’équateur à 15.11 locales ; vent assez fort ; houle soutenue ; moyenne supérieure à 8 nœuds, à 547 miles du but soit 79 heures. Pour feter ça avons ouvert notre avant-dernière bouteille de blanc d’Alsace, un peu passé il est vrai mais il y a longtemps qu’on ne fait plus les difficiles…
Cadeau de Neptune qui reçut sa rasade comme il se doit afin qu’il nous accepte dans l’Atlantique Nord, une superbe dorade coryphène de 1m20.
Nos amis Nocciolino auront droit à un lancement de fusée à Kourou ; ils ont en effet été délogés des iles du Salut pour raisons de sécurité (zone de retombées potentielles). Il y aurait un lancement par mois ; les enfants croisent les doigts.
Samedi 6 aout
Tout le monde est très matinal ce matin ; Zoé montre sa frimousse dès 6 heures et Arthur la suit d’un quart d’heure ; nous étions déjà réveillés aussi ; il fait déjà très chaud et le ciel est bleu limpide ; la mer bleue marine moutonnante ; la nuit fuit agitée et les bruits des vagues sur les coques vont de l’aigu au mat , du métallique au clair , du sec au prolongé quand on les entend passer sous la coque en bouillonnant ; la nuit permet de prendre conscience de toutes ces différences de tonalité, de ‘couleur’, de répercussions, d’impressions, de durée. Le ciel fut encore rempli d’innombrables étoiles toujours plus nombreuses à mesure que le regard accepte de rester encore et encore à observer. Les couleurs de la nuit changent aussi et accompagnent son écoulement ; la lune est presque moitié pleine et éclaire le début de la nuit ; à son coucher une lumière faiblissant et légèrement rousse s’installe avant e laisser place à a lueur des étoiles, la nuit n’est donc pas toute à fait noire même sans lune. Mais ça vous le savez déjà. Ce matin en regardant la mer et ses reflets changeants, je me suis dit que je regretterais ce privilège d’avoir le temps de se laisser pénétrer par le moindre petit détail de la nature autour de soi. Le privilège aussi de le décrire qui s’oblige à fouiller dans son ressenti et ses impressions pour le préciser et donc le revivre et l’affiner, le cerner, devenir de plus en plus précis et espérer ainsi l’imprimer au plus profond de ses cellules pour s’en servir en cas de disette. Car soyons clair, à terre ce temps est compté et plus difficile à organiser. Ces moments de traversée ont quelque chose de magique même si parfois je souhaiterais être à des lieues d’ici. Retrouver l’entité ‘Carmen’ m’est nécessaire pour un temps et ensuite ? quelle pourrait être pour moi l’alternative au voyage en mer ? en tout cas aménagez des moments de contact pur et entier avec la nature sera un objectif pour les années à venir. J’espère pouvoir trouver le temps et l’énergie de maintenir ce blog pour analyser et exprimer ce que sera notre retour, ses difficultés et ses joies, ses moments de désespoir et ses espérances, ses agacements, contraintes, intérêts. Ce qui est sûr est notre volonté de non seulement maintenir notre mode de vie simplicité volontaire mais surtout de le peaufiner.
Ecoutons les nouvelles de RFI et elles sont déprimantes, si épargnés en ce moment par le dysfonctionnement du monde comment vivrons-nous la morosité ambiante et les difficultés survivre dans un monde qui marche sur la tête ?
Dimanche 7 aout a 379 miles des iles du Salut
Journée calme genre ‘la croisière s’amuse’ belle allure, mer calme, ciel bleu, soleil chaud, rayon vert au coucher ; une baisse de vent nous oblige à sortir le grand génois en fin de journée. La nuit fut un peu plus stressante ; en début de nuit, trop peu de vent donc nécessité de barrer pour ne plus entendre les plaintes incessantes du pilote. Une lumière devant nous nous inquiète, peu à peu on distingue nettement feu vert et rouge donc une embarcation qui fonce droit sur nous, c’est à ce moment que le vent forcit, un grain s’annonçant, affaler rapidement le génois, remettre du foc et changer de cap pour éviter cette embarcation non identifiable qui ne semble etre ni un cargo, ni un pêcheur. Les nuages se dissipent mais le vent se maintient et ce matin, il est de sud, 15 à 20 nœuds, allure au portant avec foc en papillon à 7.5 nœuds. Le GPS indique une arrivée dans 60 heures.
La nuit et le lever furent une fois de plus de véritables cadeaux ; à la maison, tel Montaigne me ferai-je réveiller pour apprécier la qualité des nuits et me repaitre de l’observation des étoiles ? Le temps nous sera décompté lors ici il est en disponibilité illimité sans forfait.
Ma lecture de Jean-Jacques Rousseau à vingt ans me rapproche de nos terres savoyardes ; livre de la collection ‘à 20 ans’ de Claude Mazauric , un thononais, comment Jean-jacques est devenu Rousseau ; très pédagogique et bien écrit, il permet de mieux cerner la personnalité de ce Jean-Jacques que l’on apprécie ou déteste mais qui reste une figure qui compta et dont l’histoire personnelle permet de comprendre les ‘erreurs de jugement’.
Dimanche soir : au terme d’une journée calme avec pétole et baignade en milieu de journée dans une eau limpide et transparente, chaude ; un bienfait alors que le soleil tape dur dans un ciel bleu. Spi, grand génois, oc en papillon, les manœuvres nous occupèrent une bonne partie du temps ; Zoé est heureuse de nous faire la lecture sur le filet en fin d’après-midi ; nous expérimentons des recettes culinaires ensemble et elle est très fière de participer activement à la vie du bord ; elle a toujours cherché une responsabilité à elle envieuse d’Arthur et de ses prérogatives d’ainé. Elle me pose beaucoup de questions liées à notre retour, sera-ce l’hiver ? comment se passera ma première journée d’école ? saurais-je supporter le froid ? comment est ma chambre ? elle a trouvé sur la bôme un endroit idéal pour lire et relire les ‘j’aime lire’ qu’Arthur a dégoté pour elle à la marina de Jacaré ; ils ne sont pas d’aujourd’hui mais les histoires pour enfants sont intemporelles. Elle attend la Guyane et espère y trouver des compagnes de jeux.
Extrait de Sinhala : … aucun système [de sécurité] n’est absolument infaillible contre l’ingéniosité
C’est le propre des fous d’en savoir plus que les sages qui, connaissant tout, n’ont besoin de rien découvrir et par conséquent finissent par ne rien savoir du tout ;
Il est dans la nature humaine d’être inhumain.
Cette nuit débute sous les auspices d’une demi-lune brillante dans un ciel sans nuages ; grand génois avec grand-voile à un ris ; vitesse de 7 nœuds environ ; arrivée probable dans deux jours donc encore de nuit à moins que le vent ne faiblisse, ce qui est prévu. Je vais aller me poster à l’arrière du bateau pour me laisser bercer par le mouvement doux de la houle faible et bien orientée. J’observe le ciel et médite ; à l’instar du mouvement hypnotique de la marche pied, les mouvements d’un bateau permettent d’atteindre des états de conscience altérée qui font surgir des images, des éclairs de compréhension et de lucidité, apaisent et régénèrent la pensée. Moment hors du temps et de la réalité à déguster sans modération et à stocker pour les temps à venir. Bien que les thèses de Eckart Tolle me parlent tout à fait, rien ne compte tant que le moment présent ; rien n’existe en dehors de lui.
Lundi 8 aout Encore 162 miles, une autre nuit étoilée et chaude en vue
Journée de navigation très calme et surtout très chaude ; la chaleur devient implacable dès 8 heures du matin et le milieu de journée est dégoulinant. Le vent fut irrégulier aujourd’hui et souvent faible ; c’est en ait le courant qui nous emmène vers les rivages moites de la Guyane. Baignade dans une piscine d’eau de mer aux dires de Zoé. Le fait remarquable de la journée fut la visite d’un oiseau malade à bord ; il prit Zoé pour perchoir alors qu’elle lisait sur la bome ; elle n’osa pas le chasser ni meme nous appeler. C’est Arthur qui délogera l’intrus avant que la chevelure de zoé ne subisse un nettoyage approfondi. Ces nuits dernières Taugl se transforme en nichoir et les piaillements des oiseaux sont parfois à la limite du désagréable mais il serait vain de vouloir les chasser ; le lendemain le bateau garde leur souvenir et ce sont les enfants qui éliminent les traces voyantes de leur passage.
Ai entamé la lecture de ‘La porte’ de Magda Szabo, j’adore les écrivains étrangers qui nous emmènent sur des terrains nouveaux et inconnus, humour et perspective différentes qui nous aident à penser en dehors de la bote encore et toujours ; j’aime l’humour des peuples du nord, leurs histoires décalées et surréalistes, les rapports humains où le temps qu’il fait et le nombre d’heures de soleil tient une place primordiale ; leurs rapports à la nature et aux animaux.
‘… sans émotion toute détermination est inexacte… ‘
Ai terminé la biographie de JJ Rousseau où j’ai appris son penchant pour la musique que j’ignorais ; pendant longtemps il fit sa carrière dans la musique, compositeur et maitre de musIque, le saviez-vous ? un extrait de ses lettres à Malesherbes : Voilà pourquoi j’ai toujours tant redouté les bienfaits car tout bienfait exige reconnaissance ; et je me sens le cœur ingrat par cela seul que la reconnaissance est un devoir. En un mot, l’espèce de bonheur qu’il me faut n’est pas tant de faire ce que je veux que de ne pas faire ce que je ne veux pas.
Cette nuit sera encore chaude et étoilée ; nous avançons à 6.4noeuds avec un vent de NE sous grand-voile haute et grand génois ; la décision de laisser le grand génois pour la nuit est toujours délicate car un coup de vent arrive si soudainement et la nuit le temps de réaction peut se solder par des situations tendues comme il y a deux jours. Scruter le ciel à la recherche d’indices éventuelles de grains ou de nuages porteurs de vent ou de pluie fait partie de la routine de quart. Alors bonne nuit, nous devrions pouvoir redormir sur nos deux oreilles mercredi soir.
Mardi 9 aout nouvelle journée sous une chaleur implacable
De dire qu’il fait chaud n’est rien ; il fait extrêmement chaud, implacablement chaud à la limite du supportable en milieu de journée. Cette journée de mardi fut calme mais lente ; bataillâmes entre spi et grand génois pour maintenir une allure acceptable de plus de 3 nœuds puis en fin de journée, l’inquiétude. En effet, vous vos souvenez que nos réserves d’essence sont faibles donc que l’utilisation des moteurs n’est pas une solution. Or nous nous retrouvâmes dans un contre-courant qui nous portait au nord-ouest c’est-à-dire au 310 alors que notre cap était au 270 ; en l’absence de vent, maintenir le cap fut très difficile et nos obligea à jongler avec le pilote entre +10 et -10 pendant deux bonnes heures ; à vitesse réduite nous négociâmes la sortie du courant. A l’heure qu’il est, nous avançons à 5 nœuds sous grand génois et grand-voile haute avec une arrivée estimée en milieu de journée demain si le vent se maintient.
Pas de baignade car l’eau boueuse de l’Amazone ne nous a pas tentée. La vision de cette eau verdâtre est à vrai dire pénible à l’œil après le bleu profond de l’océan qui nous accompagna ces jours derniers.
Extraits de lecture : Sinhala Religion, philosophie, politique ne sont que le reflet des êtres qu’elles dominent. Elles couvrent ce qui est à l’intérieur comme cette pelouse couvre le tas de fumier qui la fertilise.
Ah le mieux n’est jamais suffisant. C’est l’excuse boiteuse de ceux qui échouent.
La porte : si je vous demande quelque chose et que vous me l’accordez, faites-le sans rien dire, sinon ça ne sert à rien de donner.
… mes parents avaient un mode de punition bien plus raffiné, ils n’agissaient pas par des paroles, mais par le silence, c’est beaucoup plus impressionnant de n’être digne d’aucune parole, d’aucune question, d’aucune explication.
L’affection ne peut s’exprimer de manière apprise, canalisée, articulée, et je n’ai pas le droit d’en déterminer la forme à la place de quelqu’un d’autre ; en plus d’affection, il faut savoir donner la mort le moment venu
La sérénité maintient en forme, les contrariétés nous affaiblissent
Zoé a entrepris de me seconder et d’ajouter sa voix à la mienne pendant les séances de lecture collective. Elle dévore les livres à une allure sidérale ; elle déteste toujours autant les chiffres et commence à manifester son angoisse du rythme de vie terrien. Les nouvelles de crise boursière et d’enlisement des conflits à travers le monde ne sont pas encourageants ; que seront les années venir ? les hommes n’apprennent rien de leurs erreurs passées et ce qui se passe en Lybie, en Afghanistan est scandaleux. Quelques nouvelles réchauffent le cœur comme la mise au point par des africains pour les expatriés d’une nouvelle façon d’acheminer une aide alimentaire ou médicale à leur famille restée au pays par l’intermédiaire du net et de partenaires locaux, efficace et sure. J’enrage une fois de plus de constater que pour sauver les banques l’argent et les initiatives ne manquent pas quant au reste des besoins de l’humanité ????
Mercredi 10 aout Iles du salut en vue
Arriverons dans quelques heures aux Ile du salut après une navigation de nuit calme dont une partie au moteur ; un peu de voile ce matin mais le vent nous fait faux bond et nous finirons au moteur. Une dizaine de jours ; il fait plus chaud que chaud encore et le ciel est nuageux ; taud de rigueur dès l’arrivée ; memes les nuits restent chaudes et nous avons déjà des insectes à bord…
Jeudi 11 aout Iles du Salut Guyane française
Nous avons donc abordé les iles du Salut mercredi à 12h30 ; le paysage nous a immédiatement charmé, trois iles garnies de cocotiers et autres arbres d’un vert profond sur fond de ciel bleu, des rocs noirs au bord de l’eau, une eau verte et trouble malheureusement. Nous retrouvons nos amis les Doms ; une bonne sieste, l’inévitable corvée de vidage des coffres ; le soir sommes conviés à un ‘get-together’ sur le rivage. Y retrouvons des sud-africains, un couple hélvético-allemand. Soirée animée au rhum agricole de Guyane (enfin du rhum digne de ce nom) et aux canapés de camembert, avons contribué une bonite que nous avions pêché le matin même. Les militaires qui logent sur l’ile St Joseph nous régalent d’une buche glacée et de Paris-Brest ! Zoé s’est régalée. Une bonne entée en matière donc et de jolies promenades en perspective. De longues baignades déjà car le temps est si chaud même la nuit ; n’avons pas été dévorés par les moustiques, une chance !
Aure grand régal : pouvons écouter France Inter en direct.