Jeudi 18 août 2011 4 18 /08 /Août /2011 16:15

Mardi 2 aout En route vers la Guyane française (encore 1109 miles  parcourir)

Début de nuit idyllique, vent arrière, focs en papillon, plus de 7 nœuds sans forcer, ciel étoilé avec un filet de lune, un cargo loin sur tribord, une mer belle avec la houle qui nous pousse gentiment dans la bonne direction.

Avons donc appareillé le lundi 1er aout de bonne heure sous un ciel gris et pluvieux ; démouillage sans anicroche avant que le courant ne soit trop fort après une nuit au sommeil difficile tant la musique étai forte et mauvaise. A la sortie de la rivière, zone protégée sans vent mais le courant nos expulse vers le large. Longeons le chenal avec une houle sensible puis passons rapidement grand largue, 1 ris dans la grand-voile et foc pour une vitesse de 6 à 7 nœuds. Très vite sommes rattrapés et dépassés par Kéa ; journée chaude avec ciel clair, belle allure mais houle inconfortable occasionnant des mouvements secs et travers, menaçant notre équilibre à chaque instant et rendant les opérations vaisselle et cuisine délicates. Beau coucher de soleil, étoiles dans un ciel noir sans lune. Des cargos en vue, connaissons l’existence de plates-formes entre Natal et Fortaleza donc vigilance accrue. Température douce 26.3°C à 19h avec 69% d’humidité, baro à 1021. Nuit paisible en perspective. Effectivement à part un pêcheur qui a croisé notre route, RAS.

Journée du mardi comme nous les aimons à bord de Taugl ; allure portante sur mer belle ; ciel bleu avec possibilité d’admirer le coucher du soleil sur le filet ; lecture, cuisine (Zoé a eu un livre de cuisine pour son anniversaire et nous avons innové avec une recette de sablés à l’orange absolument délicieux), écoute de podcasts de franc Inter, notamment la série sur l’Algérie ; fin du récit de Raspail sur la triste vie et disparition des Alakalufs du détroit de Magellan. Un peu de boulot avec les enfants, Zoé est toujours aussi réticente à s’y mettre et chaque jour ma patience est mise  rude épreuve jusqu’à ce qu’elle accepte de commencer à travailler. Comme pour Arthur, les chiffres ne lui parlent pas tant que les livres mais la répétition des tables de multiplication commence à graver son circuit neuronal avant impression indélébile.

Cette nuit a débuté par un coucher de soleil assorti d’un rayon vert et s’annonce tout aussi paisible et étoilée que la précédente. L’allure portante offre un véritable bercement physique propice à la méditation dont nous avons bien besoin en ces temps de réflexion sur l’année à venir.

Jeudi  4 aout

Belle navigation au portant voir grand largue sur mer calme ; lecture sur le filet avant couchers de soleil, essais culinaires avec Zoé et son nouveau livre ; la vie heureuse et simple des traversées de plusieurs jours.

Le début d’une nouvelle lecture collective après la déprimante histoire des indiens alakalufs de terre de feu : le souffle de Sinhala de Colin de Silva. Grande épopée des rois guerriers du Sri Lanka matinés de bouddhisme, des rivages peu connus e qui déjà nous captivent.

Pour ma part, j’ai adoré les nouvelles de l’exil de Brigitte Fontaine et Points de suspension de Sybille Lacan, j’ai un penchant pour ce genre court et incisif. Là je me suis plongé dans un policier scandinave, je suis toujours bluffée par la capacité de ces auteurs de polar à nous plonger dans l’intrigue dès les premières pages, intérêt et curiosité grandissants à mesure que l’histoire se complexifie et que les rebondissements se multiplient.

 

Nocciolino est arrivé aux Iles du Salut après 200 miles au moteur, espérons que les dieux du vent se réveilleront car nous avons fait l’impasse sur l’achat d’essence brésilienne qui a la réputation d’encrasser les moteurs. Pour l’instant, nous fonçons à 8 nœuds avec une houle plus forte et une chaleur intense, nuages mais ciel clair ; quelques cargos croisés sans danger.

Extrait du souffle de Sinhala : Nous ne sommes pas des créatures qui ne peuvent en faire davantage que ce qu’elles font. C’est l’effort qui donne l’espoir. Le succès est dans la lutte. … La seule véritable ambition est le désir se surpasser soi-même.

Extrait du retour du professeur de danse de Henning Mankell : Même à un réveil matin, on ne pouvait se fier ; c’est pourquoi il en avait deux.

Pourquoi tout doit-il être si fade par les temps qui courent ? Le café comme les gens ? ça me dépasse.

… peu de joies dans la vie pouvaient se mesurer à la disparition d’une souffrance aigue.

Vendredi 5 aout 180 miles par jour à plus de 7.5

Belle allure sur mer calme la plupart du temps bien que hier la houle se soit renforcée de travers occasionnant quelques belles cognées sur les coques et de la ‘pluie’ à l’intérieur du carré. Avions reçu la visite d’un grand groupe de dauphins le matin qui jouèrent une bonne demi-heure à l’avant du bateau avant de disparaitre sans laisser de traces. Le vent est irrégulier en force surtout mais le courant aidant nous avançons toujours à plus de 7 nœuds. Cette nuit pas de cargos en vue, nous sommes dans une zone plus éloignée des routes commerciales ; pas de pêcheurs non plus. Ce matin, le ciel est menaçant de grains et quelques gouttes s’échappent de la couverture nuageuse qui s’épaissit sans paraitre trop dangereuse. Nous traverserons bientôt l’équateur (S00.33 à 6.45) et avons déjà mis ne bouteille au frais pour l’occasion .

Extrait du retour du professeur de danse : … ce rire libérateur qui l’aidait à supporter toutes les abominations

Souffle de Sinhala : la solitude n’est qu’un produit de l’homme                

Message de Dieu ’je ne puis agir que par toi, dit-il. Ne reste pas immobile figé dans ta peur. Lève-toi et pars avec elle. Je te sauverai si tu te sauves toi-même.’

Le sujet des conversations reste le retour et l’anticipation des choses à faire, de ce qui nous attend, de nos réactions et nos besoins pour une réadaptation sereine et harmonieuse ; les craintes et les forces des uns et des autres. ; les manques mais aussi le comblement de ce qui nous aura manqué pendant ces dernières années ; les finances ; le travail ; l’école ; les amis, la famille retrouver nos liens terriens et maintenir à flots  ceux que nous avons tissé ; vaste programme ….       

Avons passé l’équateur à 15.11 locales ; vent assez fort ; houle soutenue ; moyenne supérieure à 8 nœuds, à 547 miles du but soit 79 heures. Pour feter ça avons ouvert notre avant-dernière bouteille de blanc d’Alsace, un peu passé il est vrai mais il y a longtemps qu’on ne fait plus les difficiles…

Cadeau de Neptune qui reçut sa rasade comme il se doit afin qu’il nous accepte dans l’Atlantique Nord, une superbe dorade coryphène de 1m20.

Nos amis Nocciolino auront droit à un lancement de fusée à Kourou ; ils ont en effet été délogés des iles du Salut pour raisons de sécurité (zone de retombées potentielles). Il y aurait un lancement par mois ; les enfants croisent les doigts.

Samedi 6 aout

Tout le monde est très matinal ce matin ; Zoé montre sa frimousse dès 6 heures et Arthur la suit d’un quart d’heure ; nous étions déjà réveillés aussi ; il fait déjà très chaud et le ciel est bleu limpide ; la mer bleue marine moutonnante ; la nuit fuit agitée et les bruits des vagues sur les coques vont de l’aigu au mat , du métallique au clair , du sec au prolongé quand on les entend passer sous la coque en bouillonnant ; la nuit permet de prendre conscience de toutes ces différences de tonalité, de ‘couleur’, de répercussions, d’impressions, de durée. Le ciel fut encore rempli d’innombrables étoiles toujours plus nombreuses à mesure que le regard accepte de rester encore et encore à observer. Les couleurs de la nuit changent aussi et accompagnent son écoulement ; la lune est presque moitié pleine et éclaire le début de la nuit ; à son coucher une lumière faiblissant et légèrement rousse s’installe avant e laisser place à a lueur des étoiles, la nuit n’est donc pas toute à fait noire même sans lune. Mais ça vous le savez déjà. Ce matin en regardant la mer et ses reflets changeants, je me suis dit que je regretterais ce privilège d’avoir le temps de se laisser pénétrer par le moindre petit détail de la nature autour de soi. Le privilège aussi de le décrire qui s’oblige à fouiller dans son ressenti et ses impressions pour le préciser et donc le revivre et l’affiner, le cerner, devenir de plus en plus précis et espérer ainsi l’imprimer au plus profond de ses cellules pour s’en servir en cas de disette. Car soyons clair, à terre ce temps est compté et plus difficile à organiser. Ces moments de traversée ont quelque chose de magique même si parfois je souhaiterais être à des lieues d’ici. Retrouver l’entité ‘Carmen’ m’est nécessaire pour un temps et ensuite ? quelle pourrait être pour moi  l’alternative au voyage en mer ? en tout cas aménagez des moments de contact pur et entier avec la nature sera un objectif pour les années à venir. J’espère pouvoir trouver le temps et l’énergie de maintenir ce blog pour analyser et exprimer ce que sera notre retour, ses difficultés et ses joies, ses moments de désespoir et ses espérances, ses agacements, contraintes, intérêts. Ce qui est sûr est notre volonté de non seulement maintenir notre mode de vie simplicité volontaire mais surtout de le peaufiner.     

Ecoutons les nouvelles de RFI et elles sont déprimantes, si épargnés en ce moment par le dysfonctionnement du monde comment vivrons-nous la morosité ambiante et les difficultés  survivre dans un monde qui marche sur la tête ?  

Dimanche 7 aout a 379 miles des iles du Salut

Journée calme genre ‘la croisière s’amuse’ belle allure, mer calme, ciel bleu, soleil chaud, rayon vert au coucher ; une baisse de vent nous oblige à sortir le grand génois en fin de journée. La nuit fut un peu plus stressante ; en début de nuit, trop peu de vent donc nécessité de barrer pour ne plus entendre les plaintes incessantes du pilote. Une lumière devant nous nous inquiète, peu à peu on distingue nettement feu vert et rouge donc une embarcation qui fonce droit sur nous, c’est à ce moment que le vent forcit, un grain s’annonçant, affaler rapidement le génois, remettre du foc et changer de cap pour éviter cette embarcation non identifiable qui ne semble etre ni un cargo, ni un pêcheur.  Les nuages  se dissipent mais le vent se maintient et ce matin, il est de sud, 15 à 20 nœuds, allure au portant avec foc en papillon à 7.5 nœuds. Le GPS indique une arrivée dans 60 heures.

La nuit et le lever furent une fois de plus de véritables cadeaux ; à la maison, tel Montaigne me ferai-je réveiller pour apprécier la qualité des nuits et me repaitre de l’observation des étoiles ? Le temps nous sera décompté lors ici il est en disponibilité illimité sans forfait.

Ma lecture de Jean-Jacques Rousseau à vingt ans me rapproche de nos terres savoyardes ; livre de la collection ‘à 20 ans’ de Claude Mazauric , un thononais, comment Jean-jacques est devenu Rousseau ; très pédagogique et bien écrit, il permet de mieux cerner la personnalité de ce Jean-Jacques que l’on apprécie ou déteste mais qui reste une figure qui compta et dont l’histoire personnelle permet de comprendre les ‘erreurs de jugement’.

Dimanche soir : au terme d’une journée calme avec pétole et baignade en milieu de journée dans une eau limpide et transparente, chaude ; un bienfait alors que le soleil tape dur dans un ciel bleu. Spi, grand génois, oc en papillon, les manœuvres nous occupèrent une bonne partie du temps ; Zoé est heureuse de nous faire la lecture sur le filet en fin d’après-midi ; nous expérimentons des recettes culinaires ensemble et elle est très fière de participer activement à la vie du bord ; elle a toujours cherché une responsabilité à elle envieuse d’Arthur et de ses prérogatives d’ainé. Elle me pose beaucoup de questions liées à notre retour, sera-ce l’hiver ? comment se passera ma première journée d’école ? saurais-je supporter le froid ? comment est ma chambre ? elle a trouvé sur la bôme un endroit idéal pour lire et relire les ‘j’aime lire’ qu’Arthur a dégoté pour elle à la marina de Jacaré ; ils ne sont pas d’aujourd’hui mais les histoires pour enfants sont intemporelles. Elle attend la Guyane et espère y trouver des compagnes de jeux.

Extrait de Sinhala : … aucun système [de sécurité] n’est absolument infaillible contre l’ingéniosité

C’est le propre des fous d’en savoir plus que les sages qui, connaissant tout, n’ont besoin de rien découvrir et par conséquent finissent par ne rien savoir du tout ;

Il est dans la nature humaine d’être inhumain.

Cette nuit débute sous les auspices d’une demi-lune brillante dans un ciel sans nuages ; grand génois avec grand-voile à un ris ; vitesse de 7 nœuds environ ; arrivée probable dans deux jours donc encore de nuit à moins que le vent ne faiblisse, ce qui est prévu. Je vais aller me poster à l’arrière du bateau pour me laisser bercer par le mouvement doux de la houle faible et bien orientée. J’observe le ciel et médite ; à l’instar du mouvement hypnotique de la marche  pied, les mouvements d’un bateau permettent d’atteindre des états de conscience altérée qui font surgir des images, des éclairs de compréhension et de lucidité, apaisent et régénèrent la pensée. Moment hors du temps et de la réalité à déguster sans modération et à stocker pour les temps à venir.  Bien que les thèses de Eckart Tolle me parlent tout à fait, rien ne compte tant que le moment présent ; rien n’existe en dehors de lui.

Lundi 8 aout Encore 162 miles, une autre nuit étoilée et chaude en vue

Journée de navigation très calme et surtout très chaude ; la chaleur devient implacable dès 8 heures du matin et le milieu de journée est dégoulinant. Le vent fut irrégulier aujourd’hui et souvent faible ; c’est en ait le courant qui nous emmène vers les rivages moites de la Guyane. Baignade dans une piscine d’eau de mer aux dires de Zoé. Le fait remarquable de la journée fut la visite d’un oiseau malade à bord ; il prit Zoé pour perchoir alors qu’elle lisait sur la bome ; elle n’osa pas le chasser ni meme nous appeler. C’est Arthur qui délogera l’intrus avant que la chevelure de zoé ne subisse un nettoyage approfondi. Ces nuits dernières Taugl se transforme en nichoir et les piaillements des oiseaux sont parfois à la limite du désagréable mais il serait vain de vouloir les chasser ; le lendemain le bateau garde leur souvenir et ce sont les enfants qui éliminent les traces voyantes de leur passage.

Ai entamé la lecture de ‘La porte’ de Magda Szabo, j’adore les écrivains étrangers qui nous emmènent sur des terrains nouveaux et inconnus, humour et perspective différentes qui nous aident à penser en dehors de la bote encore et toujours ; j’aime l’humour des peuples du nord, leurs histoires décalées et surréalistes, les rapports humains où le temps qu’il fait et le nombre d’heures de soleil tient une place primordiale ; leurs rapports à la nature et aux animaux.  

‘… sans émotion toute détermination est inexacte… ‘

Ai terminé la biographie de JJ Rousseau où j’ai appris son penchant pour la musique que j’ignorais ; pendant longtemps il fit sa carrière dans la musique, compositeur et maitre de musIque, le saviez-vous ? un extrait de ses lettres à Malesherbes : Voilà pourquoi j’ai toujours tant redouté les bienfaits car tout bienfait exige reconnaissance ; et je me sens le cœur ingrat par cela seul que la reconnaissance est un devoir. En un mot, l’espèce de bonheur qu’il me faut n’est pas tant de faire ce que je veux que de ne pas faire ce que je ne veux pas.

Cette nuit sera encore chaude et étoilée ; nous avançons à 6.4noeuds avec un vent de NE sous grand-voile haute et grand génois ; la décision de laisser le grand génois pour la nuit est toujours délicate car un coup de vent arrive si soudainement et la nuit le temps de réaction peut se solder par des situations tendues comme il y a deux jours.  Scruter le ciel à la recherche d’indices éventuelles de grains ou de nuages porteurs de vent ou de pluie fait partie de la routine de quart. Alors bonne nuit, nous devrions pouvoir redormir sur nos deux oreilles mercredi soir.     

Mardi 9 aout nouvelle journée sous une chaleur implacable

De dire qu’il fait chaud n’est rien ; il fait extrêmement chaud, implacablement chaud à la limite du supportable en milieu de journée. Cette journée de mardi fut calme mais lente ; bataillâmes entre spi et grand génois pour maintenir une allure acceptable de plus de 3 nœuds puis en fin de journée, l’inquiétude. En effet, vous vos souvenez que nos réserves d’essence sont faibles donc que l’utilisation des moteurs n’est pas une solution. Or nous nous retrouvâmes dans un contre-courant qui nous portait au nord-ouest c’est-à-dire au 310 alors que notre cap était au 270 ; en l’absence de vent, maintenir le cap fut très difficile et nos obligea à jongler avec le pilote entre +10 et -10 pendant deux bonnes heures ; à vitesse réduite nous négociâmes la sortie du courant. A l’heure qu’il est, nous avançons à 5 nœuds sous grand génois et grand-voile haute avec une arrivée estimée en milieu de journée demain si le vent se maintient.

Pas de baignade car l’eau boueuse de l’Amazone ne nous a pas tentée. La vision de cette eau verdâtre est à vrai dire pénible à l’œil après le bleu profond de l’océan qui nous accompagna ces jours derniers.

Extraits de lecture : Sinhala Religion, philosophie, politique ne sont que le reflet des êtres qu’elles dominent. Elles couvrent ce qui est à l’intérieur comme cette pelouse couvre le tas de fumier qui la fertilise.        

Ah le mieux n’est jamais suffisant. C’est l’excuse boiteuse de ceux qui échouent.

La porte : si je vous demande quelque chose et que vous me l’accordez, faites-le sans rien dire, sinon ça ne sert à rien de donner.

… mes parents avaient un mode de punition bien plus raffiné, ils n’agissaient pas par des paroles, mais par le silence, c’est beaucoup plus impressionnant de n’être digne d’aucune parole, d’aucune question, d’aucune explication.

L’affection ne peut s’exprimer de manière apprise, canalisée, articulée, et je n’ai pas le droit d’en déterminer la forme à la place de quelqu’un d’autre ; en plus d’affection, il faut savoir donner la mort le moment venu

La sérénité maintient en forme, les contrariétés nous affaiblissent

Zoé a entrepris de me seconder et d’ajouter sa voix à la mienne pendant les séances de lecture collective. Elle dévore les livres à une allure sidérale ; elle déteste toujours autant les chiffres et commence à manifester son angoisse du rythme de vie terrien. Les nouvelles de crise boursière et d’enlisement des conflits à travers le monde ne sont pas encourageants ; que seront les années  venir ? les hommes n’apprennent rien de leurs erreurs passées et ce qui se passe en Lybie, en Afghanistan est scandaleux. Quelques nouvelles réchauffent le cœur comme la mise au point par des africains pour les expatriés d’une nouvelle façon d’acheminer une aide alimentaire ou médicale à leur famille restée au pays par l’intermédiaire du net et de partenaires locaux, efficace et sure.  J’enrage une fois de plus de constater que pour sauver les banques l’argent et les initiatives ne manquent pas quant au reste des besoins de l’humanité ????    

Mercredi 10 aout Iles du salut en vue

Arriverons dans quelques heures aux Ile du salut après une navigation de nuit calme dont une partie au moteur ; un peu de voile ce matin mais le vent nous fait faux bond et nous finirons au moteur. Une dizaine de jours ; il fait plus chaud que chaud encore et le ciel est nuageux ; taud de rigueur dès l’arrivée ; memes les nuits restent chaudes et nous avons déjà des insectes à bord…     

Jeudi 11 aout Iles du Salut Guyane française

Nous avons donc abordé les iles du Salut mercredi à 12h30 ; le paysage nous a immédiatement charmé, trois iles garnies de cocotiers et autres arbres d’un vert profond sur fond de ciel bleu, des rocs noirs au bord de l’eau, une eau verte et trouble malheureusement. Nous retrouvons nos amis les Doms ; une bonne sieste, l’inévitable corvée de vidage des coffres ; le soir sommes conviés à un ‘get-together’ sur le rivage. Y retrouvons des sud-africains, un couple hélvético-allemand. Soirée animée au rhum agricole de Guyane (enfin du rhum digne de ce nom) et aux canapés de camembert, avons contribué une bonite que nous avions pêché le matin même. Les militaires qui logent sur l’ile St Joseph nous régalent d’une buche glacée et de Paris-Brest ! Zoé s’est régalée. Une bonne entée en matière donc et de jolies promenades en perspective. De longues baignades déjà car le temps est si chaud même la nuit ; n’avons pas été dévorés par les moustiques, une chance !  

Aure grand régal : pouvons écouter France Inter en direct.  

                              

 

                     

 

                             

               

Par TAUGL
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Mercredi 17 août 2011 3 17 /08 /Août /2011 21:28

La traversee du Bresil a la Guyane sera postee incessemment. Plein de photos a venir aussi sur picasaweb

de la chaude Guyane on vous bise

Vendredi 12 aout Iles du Salut

Avons visité les lieux émouvants du bagne sis aux iles du Salut ; cellules, asile d’aliénés ; hôpital et église. Les prisonniers célèbres : Dreyfus et Sceznec qui subirent un isolement absolu avec interdiction de parler même à leurs gardiens.  Il règne sur ces iles une atmosphère calme et paisible, le passage de tous ces punis de la société ne semble pas avoir pollué l’atmosphère d’ondes négatives des sentiers bien entretenus permettent un agréable tour de l’ile, les bâtiments sont très abimés et peu ont été restaurés mais c’est certainement mieux ainsi, l’imagination fait son œuvre ; le musée ne contient aucun objet mais des panneaux explicatifs sur l’histoire de la colonisation et du bagne. Des documents tels que les cartes postales illustrant l’embarquement des prisonniers à la Rochelle sont poignantes. Les cellules pénitentiaires laissent envisager l’horreur du monde concentrationnaire. Les prisonniers n’étaient pas nourris convenablement, le boucher en devint fou car il ne servait que des os aux bagnards, quand un jour il découvrit une quantité de viande  pourrissante dans un entrepôt. Le boulanger lui n’avait pas assez d’eau douce pour faire son pain et le préparait à l’eau de mer. Les iles pourtant étaient plus salubres que les édifices du continent et les malades (20 000  par an et 9 médecins pour les soigner ; les sœurs de St Paul de Chartres furent les seuls bouées d’humanité pour ces malheureux) étaient transférés à l’ile Royale ou à St Joseph. L’ile au diable était réservée aux isolés nécessitant un traitement particulier visant à leur interdire toute chance d’évasion. Nous avons appris que Papillon a largement élaboré son histoire en empruntant à celles de ces prédécesseurs.           

Le paysage est de cocotiers sur fond de ciel bleu ; le mouillage est un peu rouleur et les méduses sont légion mais avec la chaleur torride qu’il fait, tant pis on saute  l’eau plusieurs fois par jour. Pas d’eau sur l’ile, il nous faudra aller à Kourou bientôt. Les promenades autour des deux iles nous ont fait découvrir les agoutis et singes locaux. Nous avons été une fois de plus sidérés par la bêtise de nos congénères humains. Une femme tenait absolument à faire avaler un marshmallow à un singe…

Ce soir encore snack et drinks à terre avec les nouveaux bateaux apparus au mouillage, en partance pour le Suriname. Samedi semble un bon jour pour partir avec le vent du sud ; ces jours derniers, la pétole régnait.         

Extrait Sinhala : l’hypocrisie est l’un des éléments d’une existence civilisée 

Les êtres ne peuvent être qu’eux-mêmes. Tu attends d’eux un certain comportement. Quand ils ne répondent pas à ton attente, ta propre réaction est le résultat de leur conduite, certes, mais c’est tout de même  réaction ; Le même acte peut être une source de joie pour les uns et, de tristesse pour les autres. Tu ne sauras jamais si quelqu’un essaie de te rendre aussi heureux que tu voudras qu’il le fasse ou s’il n’a pas essayé du tout mis tu ne dois pas lui en vouloir d’être ce qu’il est uniquement parce qu’il t’a déçu. Il reste l’amour qui permet d’accepter les gens tels qu’ils sont. … comme sa forme la plus naturelle est l’attachement à la famille, nous attendons toujours trop de ceux qui nous sont unis par les liens du sang.            

Je préfère ne pas m’attarder sur la soirée d’hier…. Le coté positif est la présence d’enfants, ainsi Zoé a pu jouer avec une petite fille de 9 ans et Arthur taille la bavette avec Théophile, un ado de 14 ans.  

Dimanche 14 aout

L’ile St Joseph offre une promenade magnifique à l’ombre des cocotiers ; émouvant cimetière comptant de nombreuses tombes d’enfants ; les bagnards n’avaient droit qu’à une inhumation en mer dans un linceul auquel était attaché un boulet ; le personnel était inhumé dans un des trois cimetières. Nous en sommes venus à penser qu’être assigné ici était presque aussi terrible qu’y être enfermé. L’exploration des anciens bâtiments est interdite à la suite d’incidents survenus à des plaintes de visiteurs victimes de chutes de cocos et de glissades sur les rochers.    

Où que vous soyez la folie procédurière règne. Essai de pêche malheureux ; pas de visibilité dans l’eau pour la chasse ; inventaire et nettoyage des coffres de nourriture, il est temps de vider le bateau. Passons beaucoup de temps dans l’eau tellement il fait chaud jusqu’au coucher du soleil et dès son lever. 

Mardi 16 aout

De visites émouvantes en visites poignantes. L'antichambre de l'enfer, on ne peut se mettre à la place de ces bagnards; leurs conditions de vie sont au-delà de l'imaginable. On a comparé à juste titre ces bagnes aux camps de concentration. Le camp de la réclusion de l'ile St Joseph est sombre et on a l'impression d'entendre encore les hurlements des malheureux qui y étaient enfermés jour et nuit, dans un isolement total, silence absolu, aucun contact; d'ailleurs l'ile était surnommée 'la silencieuse'. Meme l'heure de la promenade ne s'effectuait pas en plein air. Les condamnés étaient surveillés d'une passerelle comme des animaux en cage. Les cellules minuscules ne contenaient pas de mobilier, si ce n'est un bat-flanc relevé dans la journée et sur lequel le détenu était attaché la nuit par la boucle, double puis simple. Ce n'est qu'en 1936 que le prisonnier eut droit à 'un tabouret pour s'asseoir dans la journée. Les détenus étaient rasés une fois par mois en passant la tete par le guichet de nourriture. Le bilan du bagne ne nécessite aucun commentaire: sur 67600 hommes, 50000 y sont morts. '...l'existence du forçat guyanais a été aussi inhumaine (peut-etre plus) que celle du galérien du siècle de Louis XIV' André Zysberg.

La visite des batiments en ruines sur lesquels la végétation reprend ses droits est impressionnante; faut-il restaurer ou laisser la végétation achever son oeuvre de destruction? Pour l'instant, le site est interdit à cause des risques d'éboulements.

Avons effectué la visite guidée de 2 bonnes heures riche en information. Il y a un caiman sur l'ile Royale 'implanté' pour manger les grenouilles et crapauds qui dérangeaient les résidents de l'auberge.

Ramassage de cocos en soirée avec cette magnifique promenade autour de l'ile St Joseph.

Ce mercredi nous nous rendrons à Kourou (y retrouverons nos copains les Noccio). Il semblerait que nous n'aurons pas la chance d'assister à un lancement de fusée, le prochaine étant programmé le 20 octobre pour les 40 ans de l'implantation du CNES en Guyane. D'après les dernières nouvelles du CNED, nous aurons quelques semaines à passer ici; l'attente sera longue …

Par TAUGL
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Mercredi 17 août 2011 3 17 /08 /Août /2011 21:26

Vendredi 29 juillet Jacaré Paraiba Brésil

L’état le plus sec du Brésil mais où il pleut quand meme tous les jours depuis notre arrivée ais c’est une année exceptionnelle nous dit-on. Les années exceptionnelles semblent se multiplier car ce n’est pas la première fois que nous sommes confrontés aux memes bizarreries du temps.

Sommes donc mouillés dans une rivière aux eaux gris vertes depuis lundi en compagnie de Kéa. Avons exploré les supermarchés, trop souvent à notre gout. Mais l’effroi des prix en Guyane nous est seriné tant et plus que nous nous sommes résolus à stocker plus.

Sinon l’impression que nous avons de Joao Pessoa et Jacaré est mitigée. Du neuf laid, des immeubles de taille moyenne aux couleurs criardes entourés d’espaces vagues sales et jonchés de détritus ; du rutilant et du délabré, du pas fini et du en voie de réalisation déjà mal en point ; des avenues commerçantes, un hypermarché Carrefour ; des bords de plage touristiques, de l’opulence et de la pauvreté. En général ce n’est pa un endroit que je vous recommande pour passer vos prochaines vacances.

Ce matin, plage ; les enfants se sont régalés et nous avons rencontré des responsables d’un projet qui nous mit en joie. Associer l’apprentissage du surf avec la protection des tortues urbaines et l’éducation élémentaire de jeunes des rues. Magnifique idée qui fonctionne depuis 2002 sans aide si ce n’est la vente de tee-shirts. Allez voir le site ( je ne l’ai pas encore fait) : www.guajiru.com.br; the urban turtle project. Zoé et Arthur arboreront les couleurs du projet (voir sur picasaweb)

Au retour, contrôle de la marine nationale ; nous ne sommes pas en règle, pas de visa et une sortie définitive du pays datant d’il y a 15 jours. Il nous faut partir lundi, en espérant que le voilier nous aura rendu nos focs réparés.

Le vent reste fort et le mouillage rouleur ; des jacarés (crocodiles) le peuplent. Demain Zoé aura 7 ans et n’aura perdu que deux dents.

Par TAUGL
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Vendredi 29 juillet 2011 5 29 /07 /Juil /2011 11:55

Mardi 5 juillet Itaparica Bahia Brésil

 

Les retrouvailles avec Kéa ont donné lieu à des soirées de discussions animées autour de cachaça arrangées. Avons fait la connaissance de Laurent, un solitaire et de la famille de Brancaleone ; deux filles de trois et sept ans, qui sont devenues les amies de Zoé.

 

Un magnifique banc de sable à marée basse ; des rues pavées ; quelques églises en ruine ; quelques belles demeures coloniales ; une posada où nous avons acheté du chocolat artisanal ; une jolie promenade le long du bord de mer ; une place entourée de cafés quelque peu délabrés ; ce coté-ci de l’ile n’est pas chic ; l’autre coté, celui où s’est implanté un club-med l’est plus. De plus en hiver, les touristes désertent l’endroit. Nous pouvons donc passer des moments paisibles ; faire des lessives au ponton ; nous ravitailler en eau minérale ; regarder courir les enfants en échangeant des points de vue sans images du monde. Nous pouvons aussi écouter RFI et nous tenir au courant de l’actualité concernant DSK, qui est toujours aussi affligeante.

 

La lecture collective a renoué avec le classique populaire, c’est Jean Giono et son regain qui nous fait voyager…

 

Le capitaine se régale avec 99F de Beigbeder dont il adore le coté provoc et les raccourcis.

On peut se baigner même si l’eau n’est pas très claire et le courant un peu fort.

Une escale-type pourrait-on dire ; en nos promenant avons rencontré un francophile qui nous déclama des vers de Baudelaire de son haleine alcoolisée en distribuant des bonbons aux enfants et nous interdisant de leur interdire de les manger.

 

Demain irons à Salvador en ferry entamer les formalités de rigueur.     

     

Le monde court à sa perte car même les gens éduqués ne prennent pas conscience des enjeux majeurs auxquels l’humanité s’expose dans les 50 ans à venir. De plus vivre par principe est aussi destructeur. Notre impression après ces années passées à travers tous ces océans n’est pas optimiste ; la paix, la joie, le contentement, la sérénité, le repos  de l’esprit ne sont pas de ce monde. Souvent ce ne sont même pas des objectifs, tant l’apparence, l’avoir passent avant tout.

 

Jeudi 7 juillet Itaparica

 

Incursion à Salvador hier donc. Si le pays s’est développé, enrichi en 20 ans mon impression de Salvador est à l’inverse. Plus sale, plus délabrée, plus douteuse. Mais le charme du Pelourinho opère toujours et les églises baroques restent des morceaux d’anthologie. Au hasard de nos promenades, avons visité de belles collections d’art africain et brésilien, des collections d’objets insolites collectionnés dans diverses régions du Brésil, figurines de terre, objets du quotidien, objets sacrés, un panorama de la vie contée par des petites choses. La collection d’instruments de musique réalisés à partir d’instruments existants nous plut mais nous aurions aimé les entendre, car l’objet artistique était réussi. Les rues pavées sont bordées de maisons sales et grises ; les pavés bien inégaux tordent les chevilles ; les boutiques de souvenirs rivalisent d’ardeur pour alpaguer le chaland, ;les bahianaises lancent des œillades appuyées pour solliciter le badaud et son porte-monnaie ; les odeurs d’huile de palme chatouillent les narines ; les vendeurs de noix de cajou rivalisent de sourires ; les capoeiristes attendent la nuit pour épater les yeux des touristes.

Nous nous sommes encore perdus dans les rues commerçantes de l’autre coté de la ville. Abondance de piéton, vendeurs envahissants les trottoirs, fumées de beignets, acheteurs d’or, musique forte, en quelques minutes nous nous sentons épuisés. Nous trouverons la magasin d’informatique que nous cherchions et nous enfuirons pour retrouver le havre de paix qu’est notre bateau.

 

Vendredi 8 juillet Bom Jesus

 

Une journée intermédiaire de lessive, internet, marché ; une soirée à bord de Taugl pour faire découvrir aux Dom et à Lolo les délices du fruit de l’arbre à pain (à ne pas conserver au frais car sur les 7 achetés 4 sont passés à l’eau sans passer par la case cuisson ; le froid les a gâchés) au lait de coco préparé par le capitaine.

 

Ce matin, nous avons levé l’ancre pour explorer la baie de tous les saints. Sommes ce soir à Bom Jesus dans une baie absolument protégée et calme ; chaleur et une brise rafraichissante ; avons été trop pressés ce matin car le vent nous a fait défaut.

 

Avons abandonné Regain trop hermétique non seulement pour Zoé mais aussi pour Arthur ; ce sont ‘Les Voyages du Professeur Lorgnon’ de Henri Vincenot que nous avons commencé.

L’inscription au CNED pour la dernière année est faite mille fois merci à Dam Cat et à Anne-Sophie.

 

Des nouvelles des négociations climat : mauvaises : aucune volonté de progresser ensemble, un sujet tient les autres en otages selon une vieille tactique éprouvée dans ce genre de négociations. Les positions restent inflexibles, la seconde période d’engagements du PK (protocole de Kyoto) est contingente à une acceptation d’un instrument juridiquement contraignant pour tous les émetteurs majeurs pour ls pays développés. Or le Canada, la Russie et le Japon ont d’ores e déjà refusé une seconde période, qui serait de toue façon bien plus faible que la première. Le PK n’a semble-t-il aucun avenir, même un Kyotino (i.e. engagement de la part de EU, Norvège, Suisse et Islande) aurait-il un sens ? Mais pour les pays en développement, il est important de garder un pare-feu pour séparer les engagements contraignants des pays développés de ceux volontaires des pays en développement. La clé est de sauver les institutions crées pendant les derniers 14 ans Comment trouver le juste milieu entre l’approche bottom-up pronée par les USA et le top-down crée par le PK? Il est là question de sauvegarder les institutions et le système établi ces derniers 14 ans.

Le défi pour les pro-PK est 1) de faire progresser les règles techniques pour permettre les décisions politiques nécessaires à Durban. 2) en parallèle, opérationnaliser les accords de Cancun et progresser vers un instrument incluant les émergents. Les USA ont manifesté leur désir de signer un accord contraignant dans la prochaine décennie. Est-ce suffisant pour rassurer ceux intéressé mais pas outre mesure dans une seconde période d’engagement ?

 

L’opérationnalisation des Accords de Cancun est un prétexte idéal pour ne pas aller plus loin. La réticence des pays en développement d’inscrire leurs actions nationales dans un instrument international reste vive. La question reste de savoir quels pas peuvent être pris vers un cadre contraignant mondial et si ces pas seront suffisants pour préserver le système de règles existant.

 

Le manque de volonté flagrant rend la possibilité de progrès vers une seconde période d’engagement et un accord global très faible. Le cadre institutionnel de la convention reste cependant plus fort que jamais depuis Cancun, avec le mécanisme pour la technologie, et le cadre pour l‘adaptation  Opérationnaliser ces instruments,  ainsi que le fonds vert et les nouveaux processus de vérification sont des objectifs clairs à Durban et réalisables. A suivre à Durban donc où je serai pour vous tenir informé comme chaque année.

 

Samedi 9 juillet Francesco do Conde Ilha Cajoiba

Nous nous sommes souvent moqués de bateaux incapables de savoir où ils étaient exactement. C’est exactement ce qui nous est arrivé aujourd’hui ! Persuadés que nous étions de nous rendre à Caraiva, nous n’avons écouté que distraitement les remarques des uns et des autres et avons entrainé nos amis les Doms dans un plan pas terrible. Partis ce matin tôt de Bom Jesus, pour profiter de la marée montante, nous nous dirigions vers ce que nous croyions être Caraiva, pour rendre visite aux indiens du cru ! E cette après-midi nous voilà mouillés dans le rio non pas Caraiva mais Santo Amoro au large de Francesco do Conde.  L’arrivée se fait dans un chenal à faible profondeur longeant des poteaux heureusement bien signalisés ; avions déjà frolé la catastrophe le matin en sortant de Bom jesus ; le fond était à quelque 0.8m.

La remontée de la rivière s’effectue les yeux rivés au profondimètre car les passages peu profonds sont nombreux. Nous arrêtons auprès ‘un village où la musique genre ‘variété internationale’ donne à fond ; les vibrations sont négatives et les pêcheurs viennent nous réclamer des dédommagements pour des filets endommagés. Le paysage de maisons coloniales en ruine et colonisées par la végétation nous donne le cafard et dès le changement de courant nous levons l’ancre et repartons vers le village. La pluie se met à tomber juste après l’installation du taud. De nombreux pêcheurs tendent leurs filets à notre approche ; le sport national semble être de rançonner le navigateur sous prétexte de rupture de filets. Comme partout dans les villages brésiliens le clocher de l’église coloniale sur lequel pousse des arbres constitue un repère. L’architecture des maisons et des quartiers est similaire d’un pays à l’autre du continent. Les mêmes carrés colorés et grisâtres d’humidité ; les fils électriques pendants de façon anarchique au coin des rues, garnis parfois de paires de chaussures ; des pavés inégaux et de la musique surtout les fins de semaines.

Zoé est chez Kéa ; elle profite de leur gentillesse et est traitée comme une princesse ; les diverses confections de cookies et yaourts sont en cours et une promenade à terre planifiée si le temps s’arrange ; Arthur fait semblant de réviser.

 Nous sommes mouillés devant une somptueuse maison de maitres derrière laquelle un grand domaine se laisse entrevoir. Quelle influence cette proximité des vestiges du passé a-t-elle réellement sur le développement du pays et la mentalité de la population ?

Une escapade à terre où nous rencontrons les gardiens de la somptueuse demeure. La gardienne nous la fait visiter d’autorité. Quel gâchis, des escaliers en marbre, des vestiges de meuble en bois sombre, des restes de services en porcelaine dans les vaisseliers, des pièces innombrables, une terrasse en marbre et un jardin d’arbres fruitiers, des écuries immenses. Ce qu’il reste resre sous clé et ces visites se font à l’insu du propriétaire. Une promenade sur un des chemins bien tracé de l’ile mais à cause de la pluie, nos chaussures accumulent de la glaise rose qui colle et s’accumule de plus en plus ; les kilos à soulever sont de plus en plus gênants et nos pieds glissent. Nous nous réfugions dans une des maisons en ruine qui jalonnent le sentier pour laisser passer l’averse. Retour trempés et boueux.

Avions mouillé suffisamment loin du village mais la musique reste la plus forte. Vous avais-je précisé que le Brésil est le pays des pétards ? Des feux d’artifice en plein jour et du bruit, du bruit, des détonations et déflagrations à toute heure du jour et de la nuit.

Le dimanche, visite de la petite ville de Francesco do Conde. Le voyage en annexe fut arrosé, un vent de 20 nds et une houle courte nous transformèrent en poules mouillées. La ville est récente, sale, laide ; les voitures sont dotées de rampes de haut-parleurs qui crachent continuellement une musique insipide dans les rues, devant les restaurants, dans les jardins publics. Les gens sont souriants et bien que modestes ne semblent pas nous reluquer outre-mesure. De jeunes enfants dansent devant les baffles au volume poussé au maximum. Les conséquences sur l’audition ne doivent pas être connues. Le retour poussé par les vagues est fait à sec. Après-midi discussion avec Doudou ; j’ai eu envie de lui poser des questions sur la ménopause qui m’attend au détour du retour. Vous me connaissez mieux grâce à ce blog et vous savez que ma personnalité n’est pas des plus stables psychologiquement. Donc autant se préparer à affronter ces bouleversements radicaux et brutaux et anticiper. Amies lectrices faites-moi part de vos expériences et de vos astuces pour passer ce cap sereinement. Conseillez-moi des lectures, aiguillez ma recherche.

Lundi 11 juillet Ilha Cajoiba

Une nuit calme, le vent était retombé hier soir ; mais la musique ne fut pas plus discrète ; réveillez par des pétards de bon matin. La pluie n’est plus qu’un mauvais souvenir ; le soleil est chaud dans un ciel bleu limpide. Le vent n’est pas aussi fort qu’hier et la houle moindre aussi. Espérons partir dès marée descendante pour profiter du courant mais aussi de la hauteur d’eau encore suffisante Vous vous souvenez que le chenal est à faible profondeur et difficile à marée basse voire impossible.


 

 

Par TAUGL
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Jeudi 28 juillet 2011 4 28 /07 /Juil /2011 12:42

Vendredi 15 juillet Itaparica Bahia Brésil

Nouvelle expédition à Salvador pour effectuer les formalités définitives de sortie du territoire brésilien. Pantalon obligatoire, ce qui est une vraie torture pour notre capitaine. Passons le reste de la journée à flâner dans les rues du centre historique après une incursion dans les rues commerçantes toujours aussi épuisantes pour des évadés de la société de consommation tels que nous le sommes devenus.

 

Je rentre dans toutes les églises qui se trouvent sur notre passage et elles sont toutes uniques, on aime on aime pas mais elles représentent toutes un havre de paix et un lieu propice à la méditation. D’innombrables ateliers d’artistes et d’artisans jalonnent les rues pavées et en pente de la ville ; Salvador mérite du temps que nous ne lui consacrerons pas. Nous entrons dans une petite fondation qui résume les différents artisanats de l’Etat de Bahia et ses caractéristiques. L’idiosyncrasie de la religion y est très joliment décrite ; le Brésil est un exemple de mélange et de tolérance inégalé ; les USA avec leur melting-pot sont des enfants de chœur à coté et ici ça fonctionne.

 

Déjeuner dans un restaurant au kilo, le principe est simple, on paye suivant le poids de l’assiette. Nous avons un peu de mal avec la gastronomie bahianaise, ça baigne dans l’huile !

Dès que l’on s’éloigne du centre touristique ce sont des pauvres hères qui dorment sur les trottoirs ; des enfants qui font les bennes à ordure ; des quartiers délabrés. La classe moyenne est un mirage et le pays s’appauvrit nous dit-on.

 

Retrouvailles avec de vieux copains quittés en novembre 2008 en Equateur. Ils reviennent de Patagonie et d’Antarctique, soirée récit de navigations et souvenirs-souvenirs. Nos rattraperons le temps perdu pendant quelques jours avant de nous séparer. Eux ont l’intention de rentrer direct en France, 4000 miles. Bon courage !

 

Nous aurons 500 miles à parcourir jusqu’à Jacaré.

 

Drame du jour : une épine dans le pied d’Arthur et nous venons de découvrir qu’il n’est pas à jour de sa vaccination anti-tétanique. Panique ou pas ?  

 

Dimanche 17 juillet Itaparica

 

Passons du temps avec Janie et Laurent à nous raconter nos années passées ; chaleur, cocotiers, mérous pour Taugl ; froid, icebergs, pluie, pingouins pour Nocciolino. Leurs photos font rêver (voir www.voyage-nocciolino.com) mais ne pas quitter les vêtements chauds et les bottes meme à l’intérieur pendant des jours non merci. Avons exploré le marché d’Itaparica sur les conseils d’un fabricant de voiles suisse installé depuis (trop) longtemps ici. Olivier et Laurent ont gouté le mocoto, plat local mis au point par les esclaves à base des morceaux les plus bas de viande qu’on avait l’amabilité de leur laisser. Servi avec le pirao, crème à base de farine de manioc et du jus de cuisson, gras à souhait et la sauce piquante très piquante a laissé quelques séquelles… Quelques belles maisons aux façades fringantes mais dans l’ensemble une impression de délabrement et d’abandon ; l’herbe pousse dans les rues entre les pavés et les détritus jonchent les bas-côtés. En tout cas ici comme ailleurs honnêteté et serviabilité. Les échos que nous avons reçu du nord sont nettement moins favorables, agressions, pauvreté, danger, insalubrité. A voir.

 

Les fins de semaine restent pénibles au mouillage, bruit, vagues, jet-skis lancés à toute allure au milieu du mouillage.  

      

Je crois avoir zapper la soirée mémorable du 12 juillet que nous avons organisée à bord en l’honneur de Doudou dont c’était l’anniversaire. Ils nous ont quittés le lendemain matin pour paver notre route des meilleures intentions.  A l’heure qu’il est ils doivent approcher de Récife. Laurent sur son Apache nous a rejoints au mouillage.  

 

Mercredi 20 juillet Salvador

 

Avons quitté Itaparica ce matin pour passer la nuit devant Salvador et sortir plus facilement de la baie demain matin. Quelques bonnes caipirinha pour dire au revoir aux uns et aux autres et nous voici après quelques heures de près dans un vent soutenu et un peu de houle dans l’agitation du mouillage de Salvador en face de l’ascenseur qui relie la ville basse à la ville haute. De nombreuses embarcations vont et viennent et nous font danser au gré de leur houle. Pas agréable mais pour une après-midi d’attente, on s’en contentera. Nocciolino est à coté de nous ; ils font leurs formalités et partirons demain. Ils ont changé de programme et au lieu de traverser directement pour rentre, ils nous précéderont en Guyane pour y chercher du travail et prolonger leur voyage. Après l’Antarctique c’est l’Alaska qui les tente. Ils étaient indécis et trouvent que la vie en bateau est trop improductive. Ils se sentent le besoin de faire quelque chose d’utile. Ils n’ont pas largué toutes leurs amarres à terre pour décider d’errer sur les océans comme certains de leurs compagnons rencontrés au gré de leur route. De plus il est vrai que le voyage en bateau n’offre qu’une vision partielle des pays abordés ; ils en sont venus à la conclusion, car la vie à terre et vous le savez n’a pas que des avantages, que la solution idéale est le 50/50. Une partie de son existence à terre et une autre en bateau, l’idéal étant de pouvoir alterner entre saison à terre et en mer. Voilà une réflexion à approfondir et qui nous travaillait déjà nous aussi. En tout  cas nous serons heureux de les retrouver bientôt.    

 

Une autre de nos réflexions tirée de nos pérégrinations et qui nous trouble est la tristesse du genre humain. Partout les gens sont tristes et peu satisfaits de leur sort ; rarement nous avons rencontré des gens contents de leur sort et prenant la vie comme elle se présentait ; des gens capables d’apprécier le moment présent. Les scènes de gens saouls dans les cafés d’Itaparica nous l’ont fait toucher du doigt une fois de plus. On ne peut prétendre être bien si tous les soirs des caisses de bières emplissent les trottoirs. De plus au Brésil, les infirmités sont nombreuses ; quelle en est la raison, difficile de le dire.

 

Expérience du système de santé : vaccination gratuite ; Arthur a été vacciné gratuitement contre la diphtérie et le tétanos ; poste de santé propre et personnel avenant. Chez nous qu’un étranger essaie de se faire vacciner, je serais curieuse de savoir comment ça se passerait.

 

Demain nous commencerons donc notre remontée vers Récife, l’expérience de Kéa nous inquiète un peu, du près et de la houle pendant trois jours.                

        

Jeudi 21 juillet En route vers Jacaré

Avons quitté Salvador tot pour profiter du courant de marée, une navigation au près en tirant des bords pour sortir de la baie avant de remonter au nord. Des conditions de près avec houle puis un vent très irrégulier et une mer plus calme ; beau temps ; des grains en début de nuit et à 21.00 un ciel étoilé de grande beauté et une température douce ; les lumières de Salvador s’estompe, quelques torchères sont visibles ; plus de cargos ni pêcheurs pour l’instant.

Avons été escortés par des troupeaux de baleines pendant la journée.

Avons renoué avec de vieilles connaissances en lecture collective. En effet, Janie et Laurent nous ont offert Qui se souvient des hommes de Jean Raspail. Bel ouvrage très didactique sur les alakalufs de Terre de feu.

Extrait : au nom de l’imagination qui s’invente sans cesse un prétexte puisque entre le passé et l’avenir, entre la mémoire et l’intuition, les plus doués d’entre les hommes s’ennuient et n’ont de cesse de précipiter le cours des choses. C’est le mouvement perpétuel. L’éblouissante fuite en avant… Pour savoir ce qu’il se passe de l’autre coté e ce qui est acquis, jusqu’au jour où e ce coté-là, justement, surgiront les foudre de la colère divine…

Les descriptions de la rencontre entre les alakalufs et les hommes de Magellan sont très belles et poignantes ; le ressenti de ces indiens seuls aux confins d’un monde qu’ils pensaient fini et peuplé que d’eux seuls, figés dans une immobilité immémoriale face à ces étrangers qu’ils fuyaient depuis des millénaires et l’impossibilité d’un rapprochement, d’une compréhension sont de jolis morceaux de littérature. L’incrédulité, l’inconcevabilité d’une part, l’arrogance et la moquerie de l’autre, des mondes aux antipodes.

Vendredi 22 juillet Navigation difficile entre Salvador et Jacaré

Conditions changeantes, vent instable et irrégulier, houle prononcée ne rendent pas la vie à bord des plus aisées. Nous progressons tantot à plus de 6nds tantot à 1.3nd ; ris et enroulement et déroulement du foc en continu ; grains et ciel chargé, nus n’avons pas échappé aux coups de vent mais à la pluie. La nuit s’annonce fatigante. D’autant plus que pêcheurs et cargos croisent dans cette zone pétrolifère et poissonneuse. A ce propos, avons renoué avec le succès puisqu’hier un thon jaune et une bonite ont agrémenté notre diner.

Houellebecq ne m’enchante guère, sa possibilité d’une ile reste très pornographique pour quelques pensées intéressantes. Exemple : chaque fois que nous ressassons le passé, nous activons les circuits neuronaux qui renforcent la souffrance et la chance de reproduction ; il faut au contraire, refouler les souvenirs qui s’effacent petit à petit, les circuits se désactivent même si ça prend du temps. N’en parlez pas à votre py !

S’il n’y avait pas de voitures, on se demande vraiment de quoi les hommes pourraient parler.

De toute évidence les relations humaines naissent, évoluent et meurent de façon parfaitement déterministe, aussi inéluctable que les mouvements d’un système planétaire, et qu’il est absurde et vain d’espérer, si peu que ce soit d’en modifier le cours.

Nous devons atteindre à la liberté d’indifférence, condition de possibilité de la sérénité parfaite.    

Dimanche 24 juillet à 83 miles de Jacaré

Navigation très difficile avec vent variable, grains sur grains, pluie, beaucoup de trafic sur l’eau. Le bateau gémit, le foc s’est déchiré, nous sommes ballotés et malmenés ; des vagues submergent la tente. Ce matin, le ciel est plutôt clair mais le vent s’annonce encore soutenu et meme doit se renforcer. Toujours le même dilemme, comment éviter l’arrivée de nuit ; pas d’abri possible  pour passer quelques heures l’entrée dans la rivière de nuit se sera pas évidente surtout avec 20 nds de vent ; même avec le 3ème ris nous allons parfois à 6 nds ; mettre à la cape et attendre la journée ? Kéa nous a prévenus sur la difficulté qu’ils ont eu à remonter au mouillage d’autant plus qu’il est préférable d’attendre la marée montante qui demain lundi commencera à 8h. Le GPS m’annonce 22h53 jusqu’à destination si on se maintient à cette vitesse de 5 nds, ce qui serait limite.

Poursuivons notre lecture du sinistre destin des Alakalufs, que l’humanité est laide et cruelle. En parallèle, le Houellebecq et ses néo-humains sans désirs ? pour lui l’unique saison du bonheur est la jeunesse ; ensuite ce ne sont que souffrances, aliénations, soucis, tracas, labeur, responsabilités, difficultés de l’existence, les pages 392 à 398 sont édifiantes ;             

Sur les parents : du simple fait qu’ils étaient parents, leurs efforts ne seraient jamais considérés comme suffisants, ils seraient considérés jusqu’u bout comme coupables

Le malheur rend mauvais

Il n’y a pas d’amour dans la liberté individuelle, dans l’indépendance, c’est tout simplement un mensonge et l’un des plus grossiers qui se puisse concevoir ; l n’y a d’amour que dans le désir d’anéantissement, de fusion, de disparition individuelle, dans une sorte de sentiment océanique comme on disait autrefois, dans quelque chose de toute façon qui était condamné.    

Les derniers mots du livre : le bonheur n’était pas un horizon possible ; le monde avait trahi ; mon corps m’appartenait pour un bref laps de temps ; je n’atteindrai jamais l’objectif assigné ; le futur était vide ; mes rêves étaient peuplés de présences émotives ; j’étais, je n’étais plus, la vie était réelle.    

Lundi 25 juillet A 11 miles de l’entrée de la rivière Paraiba

Navigation musclée jusqu’au bout ; conditions de vent et de houle fortes ; un foc déchiré ; des craquements sinistres du bateau et des vagues qui submergent et mouillent l’intérieur de la cuisine ; les coffres doivent etre sous l’eau aussi. Hier avons du mettre à la cape pendant au moins six heures pour ralentir l’allure et éviter une arrivée de nuit toujours délicate mais encore arriver avec la bonne marée. Ce matin donc sous un ciel nuageux, nous fonçons à vive allure vers notre prochaine escale dans la rivière de Paraiba au large de Jacaré derrière la ville de Joao Pessoa ; ville dont nous apercevons les gratte-ciels sur babord. Retrouverons Kéa.

Un bon repos sera bienvenu car ces quelques jours auront été rudes. Le bateau aura besoin d’un peu de nettoyage et il nous faudra partir en quete d’un voilier pour réparer le foc ; tous nos seaux sont cassés aussi rendant l’opération vaisselle et lessive momentanément difficile ; les produits brésiliens autant que sud-africains sont de qualité médiocre avec la différence qu’au moins en Afrique du Sud ils ne sont pas chers.

Le Brésil est le premier pays où l’utilisation du canal 16 de la VHF réservé à la sécurité et aux urgences n’est pas respecté ; il n’est pas rare d’y entendre de la musique par exemple !

Allons encore 9 miles jusqu’à l’entrée de la rivière poussés par des murs d’eau que je vois nous soulever en même temps que j’écris ces lignes puis 5 miles à remonter la rivière.         

Mardi 2 juillet Jacaré

Le vent continua à souffler fort jusqu’à l’arrivée. Les derniers miles avec 3 ris (en 4 ans de voyage le seul endroit où nous avons eu à prendre le 3ème ris fut le Brésil) et un minuscule losange de foc furent rapides. Le capitaine redoutait le virage à prendre pour entrer dans la rivière ; les moteurs démarreraient-ils ? le bateau effectuerait-il le changement de cap nécessaire ? A l‘approche du chenal, les bouées se repéraient très mal à cause du fort clapot mais la précision du logiciel de navigation libre open CPN nous permit une manœuvre parfaite et sans danger ; nous fumes contents d’avoir pris la décision d’attendre pour entrer de jour. Le courant de marée nous aida à progresser dans la rivière. Le mouillage est clapoteux dû au fort vent qui continue à souffler et rend l’utilisation du taud impossible. Nous ne pouvons pas non plus affaler notre foc déchiré ce qui est plus embêtant.

Nous retrouvons Kéa au mouillage avec un immense plaisir. Le temps est très chaud et lourdement nuageux ; nous nous approchons de l’équateur et ça se sent.

Après un vidage de coffres bien nécessaire et quelques rangements, les Doms passent nous prendre avec leur annexe et nous arriverons mouillés au ponton. Ah les joies de la vie en bateau !

Petite visite des environs, une rue de baraques de pêcheurs avec des gens aux airs patibulaires et malades ; puis on passe à un monde développé avec supermarchés et boutiques. Une autre facette du Brésil encore, pauvre à tendance classe moyenne car la ville est touristique. Sieste, diner sur Kéa où nous dégustons leurs diaporamas sur le Brésil, leurs photos sont magnifiques et véhiculent très bien les impressions qu’impriment les lieux visités. Il est intéressant de voir sur les photos ce qui a frappé chacun et ce qu’il a eu envie de transmettre.

Le vent souffle toujours très fort ce matin, l’eau de la rivière est gris verte. Nos copains sur Nocciolino ont finalement décidé d’obliquer vers la Guyane ; nous les retrouverons donc d’ici peu. On ne met pas fin si facilement au voyage marin.

 Nous avons aussi décidé une célébration anticipée de l’anniversaire de Zoé mercredi soir sur Kéa. Tout à l’heure nous allons essayer de trouver un cybercafé pour vous envoyer ces quelques nouvelles. Portez vous bien et profitez de l’été à plein.

Un grand merci aux Paillard ; nous avons ouvert ce matin leur délicieuse gelée de framboises. A utiliser avec modération ! Les caipirinhas en revanche restent l’apéro préféré du moment. Alors santé.                       

Par TAUGL
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