DURBAN ISSUE 9
Hier ouverture de la partie ministérielle de la COP 17. Ban Ki-Moon a souligné la gravité du moment mais a émis de forts doutes quant au succès au vu de la
situation économique mondiale et des tensions politiques actuelles. ‘Il faut être réaliste a-t-il affirmé, un nouveau traité est probablement hors de portée. Cependant il a commencé en rappelant
que le monde approche un point de non-retour et que seuls les décideurs réunis à Durban peuvent nous éloigner du précipice. "Je vous demande de considérer avec attention une deuxième période d'engagement du
protocole de Kyoto. Si Kyoto tout seul ne résoudra pas le problème du climat, il constitue une
fondation sur laquelle bâtir"
Zuma quant à lui a appelé à plus d’ambition. Eloquemment il a continué en disant que ‘Nous sommes tous d’accord sur le fait que le monde soit en danger, et
nous sommes tous d’accord pour dire qu’il faut agir. Le problème commence quand il faut dire quoi et comment. ‘ Il a ajouté ‘Agissez pendant que c’est encore possible.’ Il a aussi dit qu’il
était temps de concentrer sur l’identification des solutions pratiques pour l’adaptation et non plus sur l’analyse et l’étude (less yada yada more actions). Il a appelé à plus d’actions sur le
terrain. Le Comité pour l’adaptation doit apporter une fin à l’approche fragmentée sur le sujet. Il a mentionné la nécessité de mettre le FVC en marche maintenant.
Le Prince Albert de Monaco a joint sa voix au concert des pro-Kyoto. Au même moment, les premiers signes de désaccord apparaissent de la part de l’UE.
L’UE demande des précisions sur la position de la Chine. La Chine est vue comme la clé de la solution mais comment et quand reste une question que l’UE
Le plus petit dénominateur commun aujourd’hui : accepter l’idée d’un traité
contraignant.
Du coté des négociations, comme l’a dit un négociateur, il n’est pas du tout évident que
tous les problèmes pourront être résolus d’ici la fin de la conférence. Voilà une nouvelle originale !
L’arrivée des ministres a signifié un regain d’activités. Réunions tard dans la nuit afin
de respecter le délai de préparation d’un projet de décisions et affiner les options possibles pour examen en vue d’une solution politique par les ministres. Les délibérations sur le FVC sont
difficiles, l’accord si il est réalisable sera une coquille vide selon certains habitués. Encore une nouveauté ! On a espoir de voir la forme Zulu de démocratie participative inspirer de
manière décisive la recherche d’un terrain d’entente.
Hier le secrétariat a lancé son initiative « une dynamique de changement » qui
célèbre et met en lumière les réussites en matière d’adaptation et d’atténuation. Un des délégués en a conclu que « lorsque nous nous retirons dans des salles fermées pour argumenter, nous
devons nous rappeler que les CC affectent la vie des gens. » Pensée oh combien profonde.
Mme Hedegaard (Mme climat UE) sur son Twitter hier a dit , “parfois les messages sont plus optimistes aux
conférences de presse que dans les salles de négociations.”
Maite Nkoana-Mashabane, reste optimiste, les cartes sont sur la table le travail monte en puissance et nous semblons nous
mouvoir dans la bonne direction a-t-elle précisé.
L’Inde continue de rejeter la feuille de route de l’UE la qualifiant de
“quid-pro-quo.” L’Inde est perçue comme ayant pris la place de la Chine en tant que ‘bloqueur de progrès’.
Certains désabusés regrettent que des avancées pratiques sur l’adaptation, finance,
technologie, forets soient les otages de Kyoto.
Le ministre gambien au nom des PMA a dit hier son incapacité à comprendre que certains puissent proposer un report de décision à 2015 ou plus tard alors que
les migrations internes et les effets des CC frappent aujourd’hui les PMA et que la survie des petites iles.
Le Président a fait le point hier dans une plénière informelle dans un souci de transparence, ouverture et pour inclure tout le monde. Sur la question de
l’assurance que la 2PE entre en vigueur en 2013 plusieurs options : 1. application provisoire des amendements qui devront être ratifiés ultérieurement ; 2. un résultat sous la forme
d’une décision unique, sans amendement au PK ; 3. Déclaration unilatérale des parties. Une décision politique est nécessaire sur 2PE et les liens entre PK et ‘paquet de Durban’.
La colère par rapport à la position de l’Inde grandit de la part des PMA et AOSIS surtout.
Le dernier ‘Climate Action Tracker’, (Ecofys et Climate Analytics) conclut qu’un réchauffement d’environ 3.5C par rapport à la période pré-industrielle est probable d’ici à
2100. (l’augmentation est aujourd’hui de 0.8C) Pour être franc, plus on attend (par ex 2020), moins on aura d’options, plus les couts seront élevés, et plus il sera improbable de rester sous les
2C et plus la menace pour les plus vulnérables sera importante.
D’autres rapports du PNUE et AIE ont tiré des conclusions similaires. "La porte pour atteindre nos objectifs se ferme rapidement," d’après Maria van der Hoeven, Directrice
exécutive de l’AIE. "Alors que je lance un appel à un accord sur les émissions, j’adresse un simple message aux participants à cette conférence : n’attendez pas un traité global – agissez
maintenant.’ Plus les gouvernements attendent, plus le risque de se retrouver enfermés dans des systèmes énergétiques ‘haut-carbone’ et inefficace augmente. Beaucoup de négociateurs pensent comme
elle, le désir d’un accord à tout prix aboutira à un résultat faible. Le résultat doit être basé sur les faits scientifiques maintenant bien établis.
La position de la France, par Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l'écologie et du développement durable, et Alain Juppé, ministre des affaires
étrangères
‘Certes, quelques grands pays, dont la France et ses partenaires européens, mènent de véritables politiques de lutte contre le réchauffement climatique. Certains pays émergents ont compris
l'importance de l'enjeu et ont amélioré leur efficacité énergétique. Mais ils mènent ce combat chacun de leur côté alors que ces phénomènes débordent les frontières. Sans une action
internationale décidée et immédiate, nous paierons collectivement le prix de l'indécision. Le président des Maldives, que nous recevions à Paris en octobre, le disait de façon éloquente : "On
ne négocie pas avec la Nature."
La France veut, avec ses partenaires européens, tout faire pour éviter l'échec annoncé à Durban. Nous sommes prêts à prolonger les engagements du protocole de Kyoto, qui prend fin cette
année, si la communauté internationale s'attelle dans le même temps à un nouvel accord, juridiquement contraignant.
Pour être à la hauteur des enjeux, cet accord doit impliquer les principales économies et afficher l'objectif de division par deux des émissions mondiales d'ici à 2050.
La France veut accompagner les efforts des pays en développement, particulièrement les plus vulnérables, comme elle s'y est engagée à Copenhague. Déjà, l'Union européenne a tenu ses
promesses et versé plus de 4,6 milliards d'euros depuis 2010 pour financer la lutte contre le changement climatique dans les pays en développement.
La France veut à aller plus loin pour assurer le financement des immenses besoins que réclame la lutte contre le changement climatique. La présidence française du G20 a fait de la mise en
place d'une taxe sur les transactions financières l'une de ses priorités.
Ce financement doit s'accompagner d'autres initiatives, telles que l'instauration d'un prix du carbone sur les émissions du transport maritime et aérien international ou encore
le développement des marchés carbone, comme le font ou l'envisagent la Chine, l'Inde, ou l'Australie.
C'est dans cet esprit que nous serons présents à Durban, ouverts au dialogue mais déterminés.’
L’OCDE annonce avoir engagé $22.9 milliards, ou 15 % de leur ODA (aide au développement) en 2010, pour aider les pays pauvres à lutter contre les CC.
1/3 de l’aide pour les CC pour lutter contre les effets tels que sécheresses et inondations. 2/3 pour l’atténuation.
Les ONG font beaucoup d’efforts pour expliquer clairement les arcanes des sujets débattus ici et surtout à l’intention des ministres. Sur la question des forets et de l’utilisation des sols
plus connus sous le nom de LULUCF. Question difficile et complexe s’il en est. A Marrakesh quand on a demandé à un ministre comment la discussion sur la question progressait, il
ministre a répondu :’Je n’ai aucune idée. C’est comme se battre dans un brouillard où les fonctionnaires ont toutes les armes.’ Les bases ne sont pas difficiles mais interpellantes. Dans le
pays des merveilles du LULUCF, pas de réduction d’émissions au programme. Les ‘règles’ sont facultatives. Si un pays pense que ses activités généreront des émissions, il ne les déclare pas. Si
elles se traduisent par une diminution, il le fait. Qui oserait appeler ça de la triche légalisée ? Il faut imposer donc une comptabilité obligatoire. Pire encore. Les nouvelles règles
permettent aux pays de comptabiliser les émissions quand ils le souhaitent (niveau de référence d’une projection qui suppose que les émissions vont augmenter, ce qui garantit qu’aucune émission
ne doit etre comptabiliser). Si cette règle s’appliquait et pour utiliser une analogie, un pays pourrait construire autant de centrales au charbon qu’il voudrait et du moment qu’il annonce son
intention de le faire, il n’aurait plus à comptabiliser les émissions.
FVC ? Quelle sera sa couleur ? Décidé vert à Cancun, il prend la couleur du charbon ou du secteur privé ou de la Banque Mondiale, ce que les ONG
n’aiment pas du tout. Devrait-il une banque d’investissement pour le privé, qui ne finance rien à perte et qui ne doit pas prendre la responsabilité des pays historiquement responsables ? A
Cancun, le fonds avait la couleur sobre en charbon et résilient pour les plus vulnérables. Les ONG demandent donc des fonds publics, additionnels et prévisibles. Elles appellent à la création de
financements innovants.
REDD : un moratoire sur les mécanismes REDD, c’est ce que demande une
nouvelle alliance d’organisations indigènes. Mécanismes sont officiellement prévus pour lutter contre la déforestation et la dégradation des forêts, source importante d'émissions de GES, mais vu
par ces organisations, comme un «nouveau business sur le dos du changement climatique». Réduite à un puits de carbone, la forêt y est évaluée en fonction de la quantité supposée de carbone
qu'elle contient. En préserver quelques parties permet d'obtenir des certificats d'émissions évitées valorisables sur les marchés carbone. Sont ainsi niés qu'une forêt est aussi un réservoir
incomparable de biodiversité, un chaînon essentiel au cycle de l'eau mais aussi un lieu de vie de populations locales. Selon plusieurs rapports récents, les projets REDD en cours s'accompagnent
bien souvent de logiques d'accaparement et de violations des droits des populations locales qui vivent de ces forêts ou à proximité.
Pour vous donner un aperçu de ce que les ministres discutent à Durban : Ça fait partie de ce qu’on
appelle désormais le paquet de Durban. (en anglais seulement)
INDABA: THE BIGGER PICTURE
Wednesday, 7 December 2011
Context
• Full, effective and sustained implementation of the Convention in a comprehensive
manner that is capable of addressing the present and predicted climate change
imperatives in the longer term.
• Agreement on a second commitment period of the Kyoto Protocol including on
QELROs and rules, and ensure continuity so as to avoid a gap after 1 January
2012.
• Need to address urgently:
o the ambition gap in order to hold the global average temperature increase
below 2 °C
;
o the finance gap to ensure continued scaling up of climate financing now and
beyond 2012;
o the implementation gap by maintaining and strengthening the legally binding
framework, including under the Kyoto Protocol, implementing existing
commitments and operationalising the Cancun Agreements, completing work
and implementing actions on all pillars of the Bali Action Plan.
• In addition to urgent immediate action to raise ambition, strengthening the long‐term
global goal based on the outcome of the 2013‐2015 review.
• Foster mutual reassurance by, for instance, clarifying targets and understanding the
diversity of mitigation actions, and designing robust, rigorous and
transparent
accounting and reporting for mitigation and finance.
• A multilateral response that:
o Is part
of the UNFCCC framework and its decisions and based on its principles,
objectives
and provisions;
o takes into account equity and common but differentiated responsibilities and
respective
capabilities; and,
o
is pragmatic, effective, science‐driven, timely and tailored to address the
objective of
the Convention, and could include a combination of legally binding
instruments,
decisions, rules and guidelines as part of the multilateral rules‐
based
system.
• All Parties need to do more, with developed countries continuing to take the lead and
to provide the necessary means of implementation, within an enhanced multilateral
rules‐based system applicable
to all.
• All Parties are subject to changing economic circumstances and have differing social
and economic development priorities and opportunities.
[Implementation under the Convention ‐ Reflection of the work programme agreed to in
Durban]
[Giving effect to Kyoto amendments in time to avoid the gap]
Task
Option 1
•
Develop and finalize a legally binding instrument in the form of a protocol
pursuant to Article 17 of the Convention
Option 2
•
Complete the agreed outcome based on 1/CP.13 (Bali Action Plan) and 1/CP.16
(Cancun Agreements) through a legally binding instrument
Option 3
•
Complete the agreed outcome based on 1/CP.13 (Bali Action Plan) and 1/CP.16
(Cancun Agreements) through a series of decisions
Option 3 bis
•
Complete the agreed outcome based on 1/CP.13 (Bali Action Plan) and 1/CP.16
(Cancun Agreements) through a series of decisions, and begin a process to develop
post‐2020 arrangements
Parties may wish to explore combinations of options
Forum
Option 1
•
in the Ad Hoc Working Group on Long‐term Cooperative Action under the
Convention, to be extended to [X]
Option 2
•
under a subsidiary body under the Convention, hereby established and known as
the Ad‐Hoc Working Group on
[XX]
Timeline
Option 1
•
with a view to adopting a legally binding instrument in the form of a Protocol or
another legal instrument at the [18th][21st] Conference of the Parties
Option 2
•
with a view to adopting the results of its work at the [X] session of the Conference
of Parties which shall meet as often as necessary and feasible, with the aim of completing its work by [2012][2015][2016][2017].
Parties may wish to explore phases, milestones and deadlines as elements of the timeline.
Content/Coverage
•
1/CP.13 (Bali Action Plan), including unresolved elements
•
1/CP.16 (Cancun Agreements)
•
Mitigation (including targets and/or actions for all Parties, MRV and market
mechanisms) adaptation, technology transfer, finance and capacity building
•
Common legal platform for mitigation actions by all Parties
•
Process to raise the level of
ambition
La réduction des risques liées aux catastrophes naturelles a été un de mes sujets de travail avant notre départ. Et les
parlementaires réunis ici en ont bien conscience: ils ont invité Margareta Wahlstrom, l’envoyée spéciale du Secrétaire Général des NU sur la question. Elle a parlé de la nécessité de plus
grands engagements pour réduire les risques et s’adapter aux CC dans un contexte où les pertes liées aux catastrophes augmentent plus vite que le GDP. Elle a affirmé que les exemples de notre
manque d’anticipation et de sagesse abondent dans le domaine de la planification urbaine. Le nombres de gens vivant le long des côtes et rivières à risque augmente dramatiquement. La population
mondiale a augmenté de 87% depuis 1987 mais l’augmentation de population dans les zones côtières vulnérables a été de 194% et 140% dans les zones fluviales inondables. “Cela dit tout sur où nous
mettons nos ressources économiques et nos villes,” a-t-elle ajouté.
Le résultat malheureux d’un mauvais zonage et d’un manque de planification est que de nombreux pays perdent entre 3% et 15% de leur GDP par annuellement. Les parlementaires ont fait prendre
conscience du fait que la réduction du risque contribue à l’adaptation aux CC et que ensemble ils sont une partie essentielle du développement durable. Elle en appelle aux pays pour collecter
systématiquement des données sur leurs pertes pour l’évaluation des impacts socio-économiques des catastrophes sur le développement et le ciblage des investissements pour protéger les gains de
développement.
Peut-on trouver mieux que l’ONU pour faire entendre la voix de tous ? les pour et les
contre s’expriment et des points valables existent des deux côtés. Il reste vrai que dans quel autre forum on trouve l'archipel des Maldives traiter plus ou moins d'égal
à égal avec les Etats-Unis ? Aucun.» Il ne faut pas oublier que les conférences climatiques onusiennes réunissent des milliers de personnes, parmi lesquelles des ONG, des entreprises,
des syndicats, des collectivités locales, … «C'est une occasion de parler de toutes ces questions que sont l'adaptation, les plans climat, les impacts sur l'agriculture, …, et de trouver
des solutions en marge des négociations officielles.»
L'ONU reste la meilleure institution pour discuter des problèmes globaux que sont le
climat, la biodiversité, l'environnement. En conclusion: l'ONU n'est pas la panacée, mais quand on n'a pas ce qu'on aime, il faut aimer ce qu'on a.
Et vous qu’en pensez-vous ? ‘Entre l'écologie politique et les curés de la décroissance en milieu
urbain il y a tout de même une marge qu'il n'est pas interdit de faire remarquer...’
Jean Rostand : "l'obligation de subir nous donne le droit de
savoir"